L’économie tunisienne traverse, pour la deuxième année consécutive, une phase de faible activité, de tensions sociales persistantes et d’altération notable des fondamentaux. Le bilan dressé pour 2016 examine les huit grands agrégats — croissance, emploi, prix, investissement, échanges extérieurs, monnaie, paiements, finances publiques — et identifie quelques signaux de redressement encore fragiles.
Principaux constats
- La croissance du PIB demeure limitée à 1 %, portée par les industries manufacturières (+0,9 %) et les services marchands (+2,7 %), tandis que l’agriculture recule de 8,1 %.
- Le taux de chômage atteint 15,5 % de la population active, et celui des diplômés du supérieur monte à 31,6 %, avec un écart femmes-hommes supérieur à 100 %.
- Les prix à la consommation glissent de 4,2 %, contre 1,2 % dans la zone euro, sous l’effet conjugué de la dépréciation du dinar et de tensions sectorielles (éducation privée à +9,7 %).
- Le déficit courant extérieur s’établit à 9 % du PIB et la dette publique à 61,9 %, contre respectivement 4,8 % et 40,7 % en 2010.
- Les recettes fiscales progressent de seulement 1,2 % alors que les rémunérations publiques absorbent 76 % du budget hors service de la dette, portant le déficit budgétaire à 6 % du PIB.
Démarche
L’analyse confronte systématiquement les données 2016 aux séries 2010, 2014 et 2015, et procède à des éclairages comparatifs avec le Maroc, l’Algérie, la Turquie et le Portugal sur les principaux ratios — PIB par tête en parité de pouvoir d’achat, stock d’investissements directs étrangers, pression fiscale, indices de développement humain et de transparence.
Implications
Trois priorités s’imposent pour rompre le cercle stagflation-endettement. La première porte sur l’investissement : entrée en vigueur effective de la nouvelle loi, levée des entraves au secteur privé organisé, engagement rapide des grands chantiers structurants dont l’extension du port de Radès. La deuxième concerne les finances publiques, avec la mise en œuvre des orientations annoncées sur le système de sécurité sociale, les entreprises publiques et l’efficience administrative. La troisième vise une refonte des mécanismes de soutien social — politique active de l’emploi, subventions, programmes pour les familles vulnérables — par un audit ciblé sur leur portée, leur coût de gestion et leur impact réel.
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