L’exercice 2017 prolonge la dégradation des fondamentaux tunisiens malgré une relance relative de la croissance et des exportations. Les attentes liées aux ajustements monétaire et fiscal ne se concrétisent pas pleinement : poussée inflationniste, chômage stable à un niveau élevé, dette publique en hausse et nouvelle dégradation de la note souveraine.
Principaux constats
- La croissance du PIB s’établit à 1,9 % contre une prévision de 2,5 %, portée par l’agriculture et les services marchands ; la zone euro progresse à 2,4 %, le Maroc à 4 % et la Turquie à 7 %.
- L’inflation atteint 5,3 % en moyenne et 6,4 % en glissement annuel, contre 3,7 % en 2016, sous l’effet de la dépréciation du dinar et de l’ajustement des prix des carburants.
- Le déficit courant extérieur grimpe à 10,4 % du PIB, soit 10,1 milliards de dinars ; le déficit énergétique seul atteint 4 milliards, contre 473 millions en 2010.
- La dette publique passe à 68,7 % du PIB et la dette extérieure à 77 %, accompagnées d’un déclassement Moody’s du grade Baa2 (2010) au B2 spéculatif.
- Le chômage demeure à 15,5 %, avec 22,9 % chez les femmes contre 12,5 % chez les hommes, et 25,6 % au Sud-ouest contre 9,7 % au Centre-est. 94 000 Tunisiens, majoritairement cadres et jeunes diplômés, ont émigré vers l’Europe entre 2011 et 2016.
Démarche
L’analyse confronte systématiquement les indicateurs 2017 aux exercices 2010, 2015 et 2016, et s’appuie sur les évaluations OCDE de mars 2018, les rapports Moody’s, Coface et FMI ainsi que le Doing Business pour situer la trajectoire tunisienne dans son environnement régional et mondial. Elle examine huit blocs : croissance, emploi, inflation, investissement, échanges extérieurs, balance des paiements, finances publiques et équilibre monétaire.
Recommandations
Trois chantiers s’imposent. Le premier porte sur l’environnement d’investissement : simplification des procédures, dématérialisation, alignement des prélèvements obligatoires sur les pays concurrents, renforcement de l’efficacité administrative et financière. Le deuxième vise l’apaisement du climat social par la réactivation effective de l’instance du dialogue social, condition de la productivité et de la rentabilisation du capital. Le troisième concerne la coopération extérieure : accélération des négociations avec l’Union Européenne pour conclure l’ALECA, signal fort en faveur de l’investissement étranger. L’exemple portugais, qui a redressé ses fondamentaux par la relance simultanée de l’investissement et de l’exportation, est cité comme source d’inspiration.
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