L’exercice 2018 confirme la relance de la croissance amorcée en 2017, soutenue par une excellente campagne d’huile d’olive et la consolidation du tourisme. Le redressement budgétaire s’esquisse, mais les fragilités structurelles s’aggravent — inflation, balance des paiements, endettement extérieur, investissement au plus bas niveau depuis 1962.
Principaux constats
- La croissance du PIB s’établit à 2,5 % contre 1,9 % en 2017, tirée par l’agriculture (+9,8 %) et les services marchands (+3,3 %) ; hors ces deux secteurs, elle se limite à 1,3 %.
- L’inflation grimpe à 7,5 % en moyenne contre 5,3 % en 2017, sous l’effet du relèvement de la TVA d’un point, des ajustements pétroliers et de la dépréciation du dinar de 21,4 % sur douze mois.
- Le taux d’investissement chute à 18,4 % du PIB, son plus bas niveau depuis 1962, contre 24,5 % en 2010.
- Le déficit commercial atteint 19 milliards de dinars (18 % du PIB), dont 6,2 milliards de déficit énergétique seul ; la Chine, l’Italie, la Turquie et la Russie expliquent 63 % du déficit global.
- L’encours de la dette extérieure passe à 73,5 % du PIB, en hausse de 8 points sur un an, et Moody’s dégrade la note souveraine au B2 spéculatif — sixième dégradation depuis 2011.
Démarche
L’analyse confronte les indicateurs 2018 aux exercices 2010, 2015, 2016 et 2017, et mobilise des comparaisons systématiques avec le Maroc, la Turquie, la Grèce et le Portugal. Elle examine huit chapitres : croissance, emploi, inflation, investissement, échanges extérieurs, balance des paiements, finances publiques et équilibre monétaire. La concentration des échanges sur quatre pays européens (62 % des exportations) et la détérioration des termes de l’échange (+18,5 % à l’import contre +15,6 % à l’export) sont mises en évidence.
Recommandations
Les ajustements monétaires et fiscaux ont préservé la solvabilité externe mais paraissent atteindre leurs limites. L’accélération des grandes réformes annoncées dans le plan de développement s’impose : refonte de l’administration, restructuration des entreprises et banques publiques, refonte de la politique de subvention et de protection sociale, déploiement des stratégies sectorielles. La promotion d’activités à forte valeur ajoutée, moins exposées aux fluctuations des cours mondiaux, doit être renforcée — une évolution conforme des prix à l’import aurait économisé 3 milliards de dinars en 2018 (2,8 % du PIB). La diversification des marchés et l’amélioration du taux de couverture demeurent des conditions de soutenabilité. L’écart avec le Maroc — 8,3 milliards d’euros de recettes touristiques contre 1,3 milliard pour la Tunisie en 2018 alors que les deux pays affichaient le même niveau en 1995 — appelle un examen stratégique approfondi.
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