Restitution de la conférence donnée le 7 octobre 2025 par le professeur Jalel Ben Hadj Rehaeim sur l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), à la lumière du 25e sommet tenu à Tianjin les 31 août et 1er septembre 2025. L’exposé situe l’OCS dans l’écosystème des grandes plateformes asiatiques — BRICS, RCEP, ASEAN, PCTPP, APEC — et dégage des orientations pour la diplomatie économique tunisienne.
Principaux constats
- L’OCS rassemble dix États membres et seize pays observateurs ou partenaires, représentant plus de 3,4 milliards de personnes et 23,5 % du PIB mondial.
- Les échanges commerciaux entre pays de l’OCS ont atteint 247 milliards de dollars au premier semestre 2025, dont 106 milliards avec la Russie — un volume jugé encore modeste face aux 700 milliards de dollars d’échanges sino-américains.
- Les BRICS pèsent 27,5 % du PIB mondial en 2025, dont 16,9 % pour la seule Chine ; le bloc concentre 46,6 % de la consommation énergétique mondiale et 68,7 % de la production de charbon.
- Plus de quarante pays ont manifesté leur intérêt à rejoindre les BRICS en 2023, traduisant la désaffection croissante envers les institutions occidentales (FMI, OMC, OTAN).
- Le déficit commercial tunisien avec la Chine atteint 8 milliards de dinars sur 17 milliards en 2024 ; plus de 5 000 entreprises chinoises sont implantées en Égypte, contre une présence beaucoup plus limitée en Tunisie.
Démarche
L’analyse compare les six grandes architectures asiatiques en distinguant les forums commerciaux apolitiques (ASEAN, RCEP, APEC, PCTPP) des plateformes politisées (OCS, BRICS). Elle souligne le chevauchement stratégique des adhésions OCS-BRICS — Chine, Russie, Inde, Iran — qui constitue un pont naturel entre architecture de sécurité eurasienne et coalition économique mondiale, tout en accélérant les processus de dédollarisation via les systèmes de paiement CIPS et SPSF.
Recommandations pour la Tunisie
L’exposé préconise une diplomatie bilatérale plus offensive avec la Chine plutôt qu’une participation aux forums multilatéraux. Quatre orientations sont avancées : négociation d’un accord de partenariat économique zéro droit de douane tenant compte de l’asymétrie productive entre les deux économies ; mobilisation pour attirer les sièges régionaux des grandes entreprises chinoises ; valorisation de la position géographique tunisienne comme point d’appui du commerce sino-européen ; développement d’un centre d’assemblage et de distribution à destination du marché européen.
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