Reprise des extraits d’une analyse de l’IACE publiée le 19 mars 2026, consacrée aux enjeux et impacts des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur l’économie tunisienne. L’étude décline trois scénarios — escalade régionale, fermeture du détroit d’Ormuz et choc pétrolier majeur, trêve diplomatique — et chiffre leurs effets sur les principaux équilibres macroéconomiques.
Principaux constats
- Près de 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz transite par les détroits d’Ormuz et de Bab El-Mandeb ; 30 % des exportations mondiales d’engrais passent par Ormuz.
- Le déficit énergétique tunisien a atteint 11,2 milliards de dinars en 2025, soit près de 6,5 % du PIB ; les subventions énergétiques représentent 7,5 % du budget, soit 3,3 % du PIB.
- Chaque hausse d’un dollar du baril génère 164 millions de dinars de subventions supplémentaires ; chaque dépréciation de 10 millimes du taux de change ajoute 43 millions de dinars de charges.
- Les importations couvrent 89 % de la consommation énergétique nationale ; 98 % du commerce extérieur tunisien transite par voie maritime.
- Selon le scénario de fermeture d’Ormuz (baril à 120 dollars), les subventions énergétiques bondiraient à 12 000 MDT contre 4 993 MDT prévus, et la croissance retomberait à 1,9 % contre 3,3 %.
Démarche
L’analyse se construit autour d’une matrice à trois scénarios articulant prix du Brent, importations énergétiques, transferts de la diaspora, recettes touristiques, inflation et croissance du PIB. Elle décline les transmissions du choc à travers cinq canaux : finances publiques, balance des paiements, inflation, croissance économique et système financier — en intégrant la fragilité particulière de la STEG et de la STIR, dont les arriérés de subventions atteignent respectivement 1 855 et 3 138 MDT.
Recommandations
L’IACE propose un dispositif de résilience structuré en deux horizons. À court terme : constitution de stocks stratégiques d’hydrocarbures et de produits alimentaires, programme d’économies d’énergie dans le secteur public, encouragement du télétravail, suivi rigoureux des indicateurs d’alerte. À moyen terme : renforcement de la sécurité alimentaire par la promotion des filières céréalières vers l’autosuffisance en blé dur, accélération de la transition énergétique avec la mise en place d’une autorité de régulation indépendante et l’adoption du code des énergies renouvelables, accélération des réformes du code des changes et de la loi d’investissement.
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