Articles de référence № 4683

Article de référence : Le MERCOSUR et la TUNISIE

Analyse de l'impact attendu de l'accord UE-Mercosur signé le 17 janvier 2026 sur l'économie tunisienne, ses exportations agricoles, textiles et industrielles.

Reprise commentée d’une analyse parue le 12 janvier 2026 dans le journal L’Expert, consacrée aux conséquences de l’accord Mercosur-Union européenne sur l’économie tunisienne. L’accord, signé par Bruxelles le 17 janvier 2026 après vingt-cinq ans de négociations, ouvre un espace de libre-échange entre l’UE et l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, représentant 300 millions d’habitants et un PIB de 3 100 milliards de dollars.

Principaux constats

  • 70 % des échanges commerciaux tunisiens se font avec l’Union européenne ; l’accord d’association de 1995 a permis de multiplier par 4 les exportations tunisiennes vers l’UE entre 1995 et 2024.
  • En 2024, la Tunisie a dégagé un excédent commercial de 1,8 milliard d’euros avec l’UE (13 milliards d’exportations contre 11,2 milliards d’importations).
  • L’UE concentre 88 % des investissements directs étrangers en Tunisie et 90 % des emplois créés par ces IDE.
  • L’accord Mercosur prévoit une baisse de 90 % des droits de douane sur dix ans, avec des contingents à droits nuls portant sur 99 000 tonnes de bœuf, 180 000 tonnes de sucre, 180 000 tonnes de volaille et 650 000 tonnes d’éthanol.
  • Les exportateurs européens devraient économiser environ 4 milliards d’euros de droits de douane annuels.

Démarche

L’analyse identifie les secteurs tunisiens les plus exposés à la concurrence sud-américaine : l’agroalimentaire au premier rang (huile d’olive, conserves, préparations), suivi du textile-habillement et des composants industriels (faisceaux, câblages, composants électriques), puis des industries chimiques où le Brésil constitue un concurrent sérieux sur les phosphates, dérivés et engrais. Elle met également en évidence des effets positifs potentiels, notamment dans la sous-traitance automobile et les services de conseil et d’ingénierie informatique.

Implications

Au-delà de la pression concurrentielle, l’accord constitue un test de la stratégie tunisienne d’intégration aux chaînes de valeur européennes. La nécessité d’une montée en gamme productive et d’une diversification accélérée des marchés à l’export apparaît comme un impératif structurel. Le texte appelle à une étude d’impact rigoureuse à conduire par le Centre de Promotion des Exportations et le ministère du Commerce, condition préalable à toute stratégie de positionnement défensif ou offensif.


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