La loi de finances pour 2026, promulguée le 12 décembre 2025, fixe le budget de l’État à 79,6 milliards de dinars sur la base d’une hypothèse de croissance du PIB de 3,3 %. L’article reprend la lecture détaillée des principales mesures fiscales établie par le cabinet de l’expert-comptable Hichem Amouri.
Principaux constats
- Le budget de l’État progresse de 77,9 à 79,6 milliards de dinars entre 2025 et 2026, avec un déficit budgétaire porté à 11 milliards de dinars contre 9,8 milliards en 2025.
- Les ressources fiscales attendues s’élèvent à 47,7 milliards de dinars, correspondant à une pression fiscale d’environ 25 % du PIB ; les emprunts atteignent 27,1 milliards, dont 11 milliards en facilités de la BCT.
- La masse salariale publique représente 25,3 milliards de dinars, soit 13,3 % du PIB, pour un effectif autorisé de 687 000 agents (contre 663 757 fin 2025).
- Le remboursement du principal de la dette publique mobilise 16,1 milliards de dinars, dont 7,9 milliards pour la dette extérieure ; l’investissement de l’État atteint 6,4 milliards.
- L’impôt sur la fortune est étendu à l’ensemble du patrimoine immobilier, mobilier et financier, avec un taux de 1 % au-delà de 5 millions de dinars.
Principales mesures fiscales
Le texte consolide la contribution sociale de solidarité de 4 % pour les banques, établissements financiers et compagnies d’assurance en supprimant son caractère conjoncturel. Il instaure un droit de timbre sur les factures des grandes surfaces (1,5 à 2 dinars) et un droit fixe de 2 dinars sur les locations de voitures, supprime les avantages à l’importation des panneaux solaires en matière de TVA, et allège la fiscalité des véhicules hybrides rechargeables. Le recrutement des diplômés du supérieur est encouragé par une prise en charge dégressive de la contribution patronale CNSS sur cinq ans, de 100 % à 20 %.
Implications
Les équilibres affichés traduisent la tension structurelle entre le poids croissant du service de la dette, la masse salariale publique et la capacité d’investissement public. Les mesures d’amnistie, l’élargissement de la facture électronique et l’assouplissement administratif pour les Tunisiens résidents à l’étranger témoignent d’une volonté de mobilisation des recettes et de simplification des procédures, dans un contexte de financement budgétaire toujours fortement adossé à la Banque centrale.
Document complet en téléchargement dans le bloc PDF ci-dessous.