Reprise des extraits de la première édition du Rapport national sur l’entreprise en Tunisie publié par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprise (IACE) le 25 décembre 2025. Le rapport diagnostique un tissu productif fragmenté, analyse les forces et faiblesses de l’industrie manufacturière, et formule des recommandations pour la relance de la compétitivité nationale.
Principaux constats
- Le tissu économique tunisien compte 824 593 entreprises fin 2023, dont 87,5 % sont des structures sans salariés ; les entreprises employeuses se limitent à 103 518 unités.
- Les grandes entreprises ne représentent que 0,87 % des entreprises employeuses (897 unités) mais concentrent 44 % de l’emploi salarié et dominent la production industrielle et les exportations.
- Les entreprises privées contribuent à 58,7 % de la valeur ajoutée et à 79,2 % de l’investissement total des entreprises, contre 10,5 % pour les entreprises publiques qui ne génèrent que 4 % de l’emploi formel.
- Les entreprises publiques affichent un déficit annuel de 2 981 MDT et reçoivent en moyenne 9 809 MDT de subventions ; elles ont absorbé jusqu’à 62,7 % du déficit budgétaire en 2022.
- Le coefficient du capital recule dans la quasi-totalité des branches industrielles entre 2018 et 2022 (-16,5 % dans le textile-habillement-cuir, -13,7 % dans l’industrie chimique), traduisant un désinvestissement structurel.
Démarche
L’analyse procède par segmentation systématique du tissu entrepreneurial — micro-entreprises, PME, grandes entreprises, entreprises publiques, entreprises communautaires — et croise les données du Registre national des entreprises avec une lecture territoriale par districts. Elle souligne notamment que la performance des délégations à faible indice de développement régional dépend moins du nombre total d’unités que de la présence d’un noyau de PME employeuses et d’au moins une grande entreprise structurante.
Recommandations
Le rapport conclut à la nécessité d’un nouveau pacte productif articulé autour de trois priorités : renforcement de la productivité et de la taille critique du secteur privé via la formalisation et la montée en gamme des micro-entreprises ; réforme de la gouvernance et de la performance des entreprises publiques pour réduire leur charge budgétaire ; stimulation de l’investissement industriel et technologique comme condition d’une croissance inclusive et durable.
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