L’économie tunisienne achève 2020 dans une situation extrêmement difficile, sous l’effet conjugué de la crise sanitaire mondiale et de tensions politiques et sociales internes. La récession, l’effondrement de l’investissement, la dégradation des finances publiques et la poussée du chômage dominent le tableau, tempérés par trois exceptions : la décélération du déficit courant, le renforcement des réserves de change et le repli de l’inflation.
Croissance et activité
- Le PIB recule de 10 % sur les neuf premiers mois de 2020, après un effondrement de 21,6 % au deuxième trimestre, et la contraction annuelle est attendue autour de 9 %, contre 9,2 % anticipés par la Banque mondiale.
- Tous les secteurs sont affectés à l’exception de l’agriculture (+5,3 % sur 9 mois) et de la poste-télécoms (+2,3 %) ; l’hôtellerie-restauration recule de 43 %, les transports de 30 %.
- L’investissement chute de 30 % sur l’année, ramenant sa part dans le PIB de 17,5 % en 2019 à 13 %, soit la moitié de la moyenne historique 2001-2011.
Inflation et prix
- Le glissement annuel de l’indice des prix à la consommation revient de 6,1 % en 2019 à 4,9 % en 2020, prolongeant la décélération amorcée en 2018.
- L’alimentation ralentit à +4,4 %, le transport à +0,6 %, soutenus par la baisse des cours des carburants (-35 % à l’international) et la stabilité du dinar (+4,2 % face au dollar, +2,1 % face à l’euro).
- L’inflation tunisienne (5,6 % en moyenne 2020) demeure très supérieure à celle de la zone euro (0,9 %) et du Maroc (0,7 %).
Comptes extérieurs
- Le déficit commercial recule de 14,8 à 12,8 milliards de dinars, le taux de couverture remontant à 75,2 % grâce à une contraction des importations (-18,7 %) plus marquée que celle des exportations (-11,7 %).
- Le déficit courant baisse de 24 % sur onze mois (-2 milliards de dinars), porté à environ 7 % du PIB ; les recettes touristiques chutent de 64 % à 2 018 MDT, mais les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger progressent de 11,3 %.
- Les réserves de change s’apprécient de 3,5 milliards de dinars, portant la couverture à 160 jours d’importation contre 110 jours fin 2019.
Finances publiques
- Les recettes propres de l’État baissent de 7,7 % à fin octobre, avec un recul marqué de la TVA (-15,5 %) et de l’impôt sur les sociétés (-24 %).
- Le déficit budgétaire passerait de 3 % du PIB initialement prévu à plus de 10 %, et l’encours de la dette publique de 75 % à près de 90 % du PIB.
Emploi et social
- Le chômage atteint 16,2 % en septembre 2020 et devrait repasser la barre de 18 % en fin d’année ; le taux de chômage des jeunes culmine à 35,7 %, celui des diplômées à 40,7 %.
- Le taux de pauvreté serait porté de 16,6 % en 2019 à 22 % en 2020 selon la Banque mondiale.
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