L’économie tunisienne reste éprouvée au terme du deuxième trimestre 2021 par la quatrième vague de Covid-19 et l’incertitude politique consécutive aux mesures du 25 juillet. Si les exportations de biens et le PIB rebondissent en glissement annuel grâce à la reprise de la demande extérieure, l’investissement, le marché de l’emploi et les finances publiques demeurent sous tension, accentuées par une nouvelle dégradation de la notation souveraine.
Croissance et activité
- Le PIB progresse de 16,2 % en glissement annuel au deuxième trimestre, après une baisse de 19,8 % un an plus tôt, mais demeure 8 % en deçà du niveau du quatrième trimestre 2019 ; la BAD révise la croissance 2021 à 2 %.
- L’industrie manufacturière redémarre (textiles +63,5 %, chimie +56,7 % en glissement annuel), tandis que le secteur hôtellerie-restauration recule de 35,2 % d’un trimestre à l’autre.
- Les recettes touristiques chutent de 59 % à mi-août 2021 ; la production d’huile d’olive baisse de 65 %, la récolte céréalière s’établit à 16,5 millions de quintaux contre 19 millions prévus.
Inflation et prix
- L’inflation remonte à 5,7 % en glissement annuel en juin 2021, contre 4,8 % en mars, alimentée par le renchérissement du pétrole et deux ajustements des prix des carburants à la pompe.
- Les hausses se concentrent sur l’alimentation (+7,2 %), la santé (+7,4 %) et les textiles (+6,1 %) ; l’inflation tunisienne demeure très supérieure à celle des pays partenaires.
Comptes extérieurs
- Les exportations progressent de 25,5 % au premier semestre, les importations de 22,4 %, le déficit commercial s’élargit à 7,5 milliards de dinars mais le taux de couverture s’améliore à 75,2 %.
- Le déficit courant se contracte à 3,4 % du PIB contre 3,9 % un an plus tôt ; les revenus du travail progressent de 709 MDT, les recettes touristiques fondent à 195,6 MDT.
- Les avoirs nets en devises reviennent à 132 jours d’importation après le remboursement d’un crédit américain de 1 milliard de dollars ; l’allocation DTS du FMI apportera 700 millions de dollars.
Finances publiques
- Le déficit budgétaire des cinq premiers mois recule de 1 945 MDT grâce à une hausse des recettes fiscales (+18,3 %) et à une compression des dépenses, dont l’investissement de l’État (-40 %).
- La dette publique atteint 83,5 % du PIB ; la mobilisation des emprunts extérieurs reste limitée à 2 044 MDT (15,7 % du programme), les négociations avec le FMI étant bloquées et la note dégradée à B- par Fitch.
Emploi et social
- Le taux de chômage atteint 17,8 % au premier trimestre 2021 (contre 14,9 % en 2019) et se stabilise au deuxième ; il s’élève à 23,8 % chez les femmes et 40,8 % chez les jeunes de 15-24 ans.
- 10,4 % des entreprises du secteur formel sont définitivement fermées et 11,2 % temporairement, selon l’enquête INS.
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