L’année 2022 s’achève sur un ralentissement généralisé de l’activité mondiale, un choc inflationniste sans précédent depuis quatre décennies et un durcissement des conditions de financement. Sur le plan national, les tiraillements politiques et l’accentuation des tensions sociales pèsent sur l’anticipation, malgré quelques signes encourageants : reprise de certains secteurs et dynamisme des IDE industriels.
Croissance et activité
- Le PIB progresse de 1,6 % au quatrième trimestre en glissement annuel et de 0,5 % d’un trimestre à l’autre ; la croissance moyenne 2022 s’établit à 2,4 %, contre 4,3 % en 2021, le PIB restant deux points en deçà du niveau d’avant-crise.
- Les secteurs porteurs sont l’hôtellerie-restauration (+21,4 %), le textile-habillement (+14 %), le transport (+10,6 %) et la mécanique-électrique (+8 %) ; l’extraction d’hydrocarbures (-10,5 %) et la construction (-9,9 %) se contractent.
- Les IDE progressent de 20 % à 2 214 MDT, dont +36,5 % pour l’industrie, signe d’un regain d’intérêt sectoriel.
Inflation et prix
- L’inflation atteint 10,1 % en décembre 2022, contre 6,6 % un an plus tôt, soit le plus haut niveau depuis trois décennies.
- Les produits alimentaires bondissent de 14,6 % (viandes ovines +26,3 %, huiles +22,8 %) ; les prix manufacturés progressent de 10,2 %, les produits libres de 10,9 %, les produits encadrés de 7,6 %.
- L’inflation tunisienne demeure supérieure à celle de la zone euro (9,2 % en décembre 2022) ; le FMI table sur une décélération à 6,5 % en 2023 au niveau mondial.
Comptes extérieurs
- Les exportations progressent de 23,4 % en 2022, mais les importations bondissent de 31,7 %, le déficit commercial s’élargit à 25,2 milliards de dinars et le taux de couverture recule à 69,5 %.
- Le déficit énergétique double à 10,6 milliards de dinars et le déficit alimentaire atteint 2,9 milliards ; ces deux postes expliquent 70 % du creusement.
- Le déficit courant grimpe à 8,6 % du PIB ; les recettes touristiques bondissent à 4 279 MDT (+83,1 %), les revenus du travail à 9 468 MDT (+9,9 %).
- Les réserves de change reviennent à 101 jours d’importation, contre 136 jours fin 2021.
Finances publiques
- Le déficit budgétaire des onze premiers mois s’établit à 5 882 MDT, en hausse ; les dépenses d’intervention bondissent de 72,9 %, dont 5 274 MDT pour les carburants (contre 1 202 MDT en 2021).
- Les emprunts extérieurs stagnent à 6 893 MDT (54,5 % du programme) ; un accord technique de 1,9 milliard de dollars sur 48 mois a été conclu avec le FMI en octobre 2022.
- La loi de finances 2023 programme une baisse des subventions et une révision de la loi sur les entreprises publiques.
Emploi et social
- Le taux de chômage recule à 15,2 % au quatrième trimestre 2022, contre 16,2 % un an plus tôt, mais demeure très supérieur à celui des voisins (Maroc, Algérie : 11,4 %).
- Le chômage des jeunes (15-24 ans) atteint 38,8 %, celui des diplômés du supérieur 24 %, dont 30,8 % pour les femmes diplômées.
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