À fin juin 2022, l’économie tunisienne porte la marque conjuguée du ralentissement mondial provoqué par la guerre en Ukraine et de l’attentisme national lié à la situation politique. Le ralentissement de la croissance, la persistance d’un faible niveau d’investissement, la remontée de l’inflation et l’aggravation des tensions sur la balance des paiements dominent le tableau, à peine tempérés par le recul du chômage global.
Croissance et activité
- Le PIB progresse de 2,8 % en glissement annuel au deuxième trimestre, après 2,4 % au premier, mais se contracte de 1 % d’un trimestre à l’autre ; le FMI table sur 2,2 % en 2022.
- Les services tirent l’activité (hôtellerie-restauration +42,5 %, transport +19 %), ainsi que le textile (+16,4 %) et les industries mécaniques et électriques (+6,3 %).
- Les industries non manufacturières reculent : extraction d’hydrocarbures -15,7 %, construction -11,6 %, matériaux de construction -6,9 %.
Inflation et prix
- L’inflation atteint 8,1 % en juin 2022, contre 7,2 % en mars ; les prix alimentaires progressent de 9,4 %, ceux des meubles et articles de ménage de 9,7 %.
- L’inflation sous-jacente s’élève à 7,2 % ; les produits alimentaires libres bondissent de 11,4 % contre 0,2 % pour les prix encadrés.
- Dans la zone euro, l’inflation atteint un record de 8,9 % en juillet 2022 ; le FMI projette 6,6 % dans les pays avancés et 9,5 % dans les émergents.
Comptes extérieurs
- Les exportations augmentent de 24,6 % au premier semestre, mais les importations bondissent de 32,4 % ; le déficit commercial se creuse à 11,8 milliards de dinars et le taux de couverture recule à 70,7 %.
- Les exportations d’énergie (+85,6 %) et de phosphates (+86,6 %) tirent la dynamique ; la facture énergétique importée s’envole de 85,9 %.
- Le déficit courant atteint 7 milliards de dinars (4,9 % du PIB) sur un semestre ; les recettes touristiques progressent de 56,6 % à 1 411 MDT, les revenus du travail de 14,7 %.
- Les réserves de change reviennent à 114 jours d’importation, contre 124 jours un an plus tôt.
Finances publiques
- Le déficit budgétaire des cinq premiers mois s’établit à 410 MDT, en repli ; les recettes fiscales progressent de 18,7 %, mais les dépenses d’intervention augmentent de 20,8 %, dont 1 025 MDT pour les carburants.
- Le baril a été acheté à plus de 101 dollars en moyenne, contre 75 dollars prévus dans la loi de finances ; les besoins en emprunts seraient révisés à 25 milliards de dinars.
- Le retard dans l’accord avec le FMI et la dégradation continue du rating compliquent la mobilisation des financements.
Emploi et social
- Le taux de chômage recule à 15,3 % au deuxième trimestre 2022, contre 16,1 % au premier ; il s’élève à 20,5 % chez les femmes et 37,2 % chez les jeunes de 15-24 ans.
- La population active augmente de 34 100 personnes ; le taux d’activité atteint 46 %.
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