FORUM IBN KHALDOUN POUR LE DEVELOPPEMENT
L’INDUSTRIE TUNISIENNE A LA CROISEE DES CHEMINS DESINDUSTRIALISATION VS INDUSTRIE 4.0
SOMMAIRE I- UNE CASSURE DE LA DYNAMIQUE HISTORIQUE DE CROISSANCE INDUSTRIELLE II- DES POLITIQUES DE « DESARMEMENT » INDUSTRIEL III- RETABLIR LA CONFIANCE : PACTES DE COMPETITIVITE ET INDUSTRIE 4.0
Afif CHELBI Novembre 2021
1 I- UNE CASSURE DE LA DYNAMIQUE HISTORIQUE DE CROISSANCE INDUSTRIELLE
« Lorsque le passé n’éclaire plus l’avenir, l’esprit avance dans les ténèbres » Alexis de Tocqueville
Depuis l’indépendance et jusqu’en 2010, l’industrie tunisienne a connu un développement soutenu. Ses emplois ont été multipliés par 15 passant de 40.000 à 600.000 emplois. Ses exportations sont passées de 40 Millions à 20 Milliards de Dinars.
Avec, en outre, de profonds changements structurels qui ont transformé toutes les filières industrielles.
En seulement deux décennies, les exportations industrielles ont supplanté les exportations primaires (agriculture, mines et énergie). Puis deuxième grande mutation, dans les années 2000, avec la forte hausse des exportations IME.
Néanmoins, des lacunes sont constatées en termes de lenteur du développement technologique. Si la part des exportations à contenu technologique est passée de 12 % en 1995 à 25 % en 2010, l’objectif était d’atteindre 50 %.
Et, depuis 2011, les industries manufacturières ont, certes, fait preuve d’une certaine résilience et ne se sont pas effondré comme les industries non manufacturières. Elles ont néanmoins stagné, provoquant une cassure de la dynamique historique de croissance industrielle, continue durant les cinq décennies 1960 2010.
Les indicateurs suivants, qui avaient connu des taux de croissance significatifs durant ces décennies et qui ont stagné ou régressé entre 2011 2019, illustrent cette cassure.
De ce fait, la Tunisie se fait distancer par ses principaux concurrents et amorce un véritable processus de désindustrialisation.
I-1- Valeur ajoutée
La valeur ajoutée industrielle est passée de 18 % du PIB en 2010 à 15 % en 2019. Son taux de croissance annuel moyen a été de 0,4 % au cours de cette décennie contre une croissance variant de 5 % à 11 % au cours des cinq décennies précédentes.
1962 1970 1980 1990 2000 2010 2019
VA Industrie / PIB 7% 9% 12 % 15 % 18 % 18 % 15 %
Croissance VA 5% 11 % 8% 10 % 7% 0,4 % industrielle par décennie (1961-1970) (1971-1980) (1981-1990) (1991-2000) (2001-2010) (2011-2019) Source : INS
- L’année 2020, impactée par le Covid, n’est pas intégrée pour ne pas fausser les analyses
2 I-2-Exportations
De 2010 à 2019, nos exportations vers l’UE (76 % du total) ont quasi stagné entre 9,6 et 10,2 Milliards d’euros, tandis que le Maroc, que nous dépassions, a plus que doublé les siennes de 7,2 à 17 Milliards d’Euros. D’où un déclassement par rapport à nos principaux concurrents.
EXPORTATIONS 2010 2019 VERS L’UE Valeur Part de Valeur Part de TUNISIE (Milliards d’Euros) Marché MAROC 9, 6 (Milliards d’Euros) Marché Source : Eurostat 7,2 0,6 % 10,2 0,5 % 0,5 % 17 0,8 %
Nos exportations vers l’UE, qui doublaient, triplaient voire plus au cours de chacune des cinq décennies 1960-2010, ont stagné entre 2010 et 2019.
Exportations tunisiennes 1980 1990 2000 2010 2019
Vers l’UE (en Milliards d’Euros) 0,4 1,5 4,8 9,6 10,2
Une projection à minima des tendances aurait permis un supplément d’exportations de 6 Milliards d’euros en 2019, soit près de 2 Milliards d’euros en nettes. Si l’on ajoutait le manque à gagner d’exportations énergie/phosphate, estimé également à 2 Milliards d’euros, nous aurons un manque à gagner de 4 Milliards d’euros en 2019 (2/3 du déficit commercial) et 25 Milliards d’euros pour la décennie (80 % de l’encours de la dette).
Sectoriellement nos deux premiers secteurs exportateurs marquent le pas :
COMPOSANTS AUTOMOBILES 2010 2018 Parts de marché sur l’UE Composants auto Tunisie 0,23 % 0,14 % Parts de marché sur l’UE Composants auto Maroc 0,23 % 0,36 %
TEXTILE 2010 2018 Parts de marché sur l’UE textile Tunisie 4% 2,5 % Rang de la Tunisie parmi les fournisseurs de l’UE Export tunisienne de textile en Milliards d’Euros 4 éme 9éme 3 2,4
L’ensemble de ces indicateurs, à côté d’autres paramètres relatifs à l’environnement des affaires, a conduit à un recul inédit de 55 places dans le classement de Davos : 87ème en 2019, 32ème en 201 (le plus grand recul enregistré par ce classement depuis sa création en 1978).
3 Ce processus de désindustrialisation conduirait progressivement la Tunisie à ne plus être partie prenante du monde de la création de valeur pour devenir un acteur passif de la division internationale du travail, simple consommateur et importateur.
Or l’impératif industriel est, pour tout pays, un véritable choix de société.
Ce processus n’a rien à voir avec un contexte international défavorable, comme le montre la croissance de pays concurrents. Il est le résultat, en plus du contexte national perturbé, de politiques délibérées favorisant l’importation au détriment du système productif national.
II- DES POLITIQUES DE « DESARMEMENT » INDUSTRIEL
« Si on résumait la politique économique en un seul point ce serait l’instauration d’une discrimination positive en faveur des activités de production au détriment des activités de circulation : importations et rentes » Jacques De Bandt.
En effet, le problème de la politique économique de tout, y compris les Etats les plus libéraux, a toujours été d’établir une discrimination positive en faveur des activités industrielles, faute de quoi les acteurs économiques préféreront les activités liées à l’importation (« l’interventionnisme libéral »). Ainsi, l’Etat doit avantager une unité de production par rapport à une activité d’importation ou un projet immobilier.
Autrement dit il n’y a pas d’industrie sans Etat stratège, développementaliste qui crée un environnement favorable au secteur privé industriel.
Or les mécanismes de politique industrielle instituant une telle discrimination positive ont été démantelés par ce qui s’apparente à un véritable désarmement industriel.
Ces politiques anti-industrielles peuvent être regroupées en deux catégories :
- En amont, par la favorisation des importations en remettant en cause les mesures de
sauvegarde de la production nationale.
- Et, en aval, par la forte réduction des incitations et programmes d’appui à l’industrie,
à l’exportation, et, de manière générale, par l’abandon ou la réduction de la plupart des leviers de politique industrielle.
II-1 Réduction des mesures de sauvegarde à l’importation
Depuis l’indépendance, la Tunisie, comme tous les pays souverains, a mis en place des mécanismes de sauvegarde de l’industrie. Ceux-ci ont évolué d’un contrôle direct des importations par des licences et des droits de douane élevés (1960-1994) à des mécanismes différents depuis la signature de l’accord de libre-échange avec l’UE (1995).
4 Ces mesures de sauvegarde (Contrôles techniques à l’importation, Prix de référence, suivi par pays, compensation automobile,) ont été fortement réduites depuis 2012 sous le prétexte fallacieux de respect des règles de l’OMC.
II-2 Réduction des incitations en faveur de l’industrie
A côté de ces mesures de sauvegarde, la législation tunisienne a toujours comporté des incitations en faveur de l’industrie et de l’exportation. Celles-ci ont été réduites de moitié.
D’après une étude de PWC, le ratio des aides fiscales et financières par rapport au PIB a baissé en Tunisie de 2,2% du PIB en 2009 à 1,1% du PIB en 2018.
Ce ratio était en 2018 de 2,4 % en France et de 2,1 %au Maroc, comparables à la Tunisie en 2009 (2,2 %), mais plus de deux fois supérieurs au ratio de la Tunisie en 2018 (1,1%).
C’est le résultat d’une approche biaisée de neutralité du système fiscal, alors que celui-ci doit être discriminant en favorisant la création de valeur (Lois de finances 2012 et suivantes, Réforme du code des investissements à travers deux lois, qualifiées «de code de désinvestissement » …).
A titre d’exemple, le budget du FOPRODI a été divisé par trois, passant de 62 MD (2010) à 21 MD (2018).
Décaissements du FOPRODI (En Millions de Dinars) 2010 2018
Dotations aux Nouveaux Promoteurs et aux PME 20 4
Primes au développement régional 42 17
Total avantages FOFRODI 62 21
Source BCT
II-3 Blocage des programmes d’appui à l’industrie
Les politiques industrielles en Tunisie ont donné lieu à un grand nombre de programmes mis en oeuvre par une série d’institutions d’appui. Parmi ces programmes nous citerons :
Programmes horizontaux : programmes de mise à niveau, d’appui à l’exportation, à l’innovation, aux technologies prioritaires, programme qualité, FOPRODI, partenariats régionaux, Essaimage, Promotion internationale, …
Programmes sectoriels : plans sectoriels textile, composants automobiles, aéronautiques, packaging, filières agroalimentaires…
Plusieurs de ces programmes connaissent une baisse, voir un arrêt, de leurs activités.
5 II-4 Erreur de politique économique décuplée
Alors que la critique justifiée, faite à ces programmes était le fait qu’ils auraient dû être plus massifs, la principale erreur de politique économique, de 1970 à 2010, ayant été que le pays n’a pas mis à profit son aisance financière pour appuyer davantage ses politiques industrielles.
Cette erreur est décuplée aujourd’hui, avec la perte de notre indépendance financière, une explosion inouïe des dépenses de fonctionnement et une baisse drastique des dépenses, déjà réduite, d’investissements.
II-5 L’illusion d’un avenir post industriel.
Pour étayer la centralité de l’industrie pour offrir des activités à haute valeur ajoutée, intensives en main d’oeuvre qualifiée, deux très bons ouvrages, publiés en 2021 *1, traitent de l’illusion d’un avenir post industriel. Extraits :
« Depuis les années Thatcher, les élites françaises ont cru à un monde post industriel, `‘La France sans usines”, commettant l’erreur stratégique de ne pas voir qu’il s’agissait du passage de la 2éme à la 3éme révolution industrielle *2. Cette erreur a fait que la France est le pays développé qui s’est le plus désindustrialisé, la part de l’industrie dans le PIB y a baissé de 20 % en 2010 à 10% en 2020, contre 20 % en Allemagne, 30 % en Corée du Sud… »
On ne peut comprendre l’importance de l’industrie si l’on ignore ce qu’on appelle le paradoxe des deux fois 80%. Alors les services représentent 80% de nos économies, 80% des exportations mondiales de biens et services hors matières premières et énergie sont des exportations de produits manufacturés. De plus, l’industrie réalise 85% de la R&D mondiale.
Il est dit en conclusion : « La désindustrialisation n’est pas une question technique mais elle est éminemment politique ! Sans industrie nous ne pourrons pas redresser notre commerce extérieur, accélérer notre croissance et créer massivement des emplois qualifiés ».
*1 Va-ton vraiment réindustrialiser la France ? par le Cercle des économistes
Les politiques industrielles en France : Evolutions et comparaisons internationales par France Stratégie, rapport à l’Assemblée nationale.
*2 1ère révolution industrielle, fin 18 -ème siècle : Machine à vapeur, mécanisation
2 -ème révolution, fin 19 -ème siècle : Moteur électrique, production de masse
3 -ème révolution, 1970 à 2000 : Microprocesseurs, informatique et internet
4 -ème révolution ou industrie 4.0
6 III- RETABLIR LA CONFIANCE : PACTES DE COMPETITIVITE ET INDUSTRIE 4.0
« La Société de confiance, principal facteur d’essor économique depuis le moyen âge » Alain Peyrefitte
La question qui se pose est : Comment stopper ce déclin et réamorcer le développement industriel de la Tunisie en le faisant évoluer vers plus de contenu technologique ?
La réponse demande un débat apaisé pour tirer les leçons des réussites et des échecs passés et dégager les actions pour rétablir la confiance et remobiliser les opérateurs et les secteurs à travers un Etat de droit, une vision et un modèle de développement industriel renouvelé:
- Plus ambitieux technologiquement et internationalement.
- Plus équilibré socialement et régionalement.
- Plus durable en matière écologique et énergétique.
Quelle serait aujourd’hui l’idée clé qui conduirait à un effet transformatif aussi important que celui apporté, il y a 50 ans, par la loi 72 ?
Mais le cadre dans lequel évoluaient les entreprises dans les années 1970 est obsolète. D’une simple implantation dans une zone rudimentaire, l’entreprise a besoin d’un nouvel écosystème entrepreneurial, véritable « cluster » assurant des infrastructures de haut niveau et des connexions efficaces avec les administrations, les institutions d’appui, de financement, de formation et de recherche.
La nouvelle politique industrielle, adaptée au XXIème siècle, pourrait être basée sur les Pactes de compétitivité dans le cadre de l’Initiative Nationale Industrie 4.0 (ITES 2016, CAE 2019).
Les pactes ont pour objet de mobiliser l’Etat et les secteurs. L’Etat s’engagerait sur des mesures horizontales et sectorielles spécifiques. Les secteurs s’engageraient sur la réalisation d’objectifs d’emplois, d’investissement, d’exportation, d’innovation et de RSE.
Ces pactes seraient les instruments clés de la « République Contractuelle ». Cette notion de Pacte est d’ailleurs devenue une préconisation du FMI (2021).
En effet, le contexte politique fait qu’aucun Gouvernement ne pourra mettre en oeuvre les politiques novatrices dont la Tunisie a besoin sans les faire porter par les parties prenantes à travers ce mode opératoire participatif.
7 Car la politique économique ne se limite pas à quelques mesures macroéconomiques, elle comporte également, un grand nombre d’instruments sectoriels fins et spécifiques, les filières ayant très bien identifié les blocages qui freinent leur développement.
Une vingtaine de Pactes sectoriels constitueraient le cadre contractuel du Plan 2021-2025
SECTEURS FILIERES Agriculture et IAA Huile d’olive, Dattes IME Composants automobiles, aéronautiques ITC Textile/Confection, Cuir et chaussures ICH Phosphates, Industries pharmaceutiques, Biotechnologies TIC Robotique, Off Shorring, Développement de logiciels IMCCV et ID …
Les contours de tels pactes sont établis. Leur finalisation impliquerait la mise en place d’une dynamique de concertation avec les secteurs qui insufflerait un vent de confiance.
Une centaine de mesures couvrant les 6 piliers de compétitivité Outre les dizaines de mesures spécifiques aux filières
Levée des entraves et incitations : «Fast track» des procédures, moratoire fiscal, dégrèvement des bénéfices réinvestis, appui accru à l’exportation, assouplissement de la réglementation de change, respect des délais de paiements de l’Etat, … Infrastructures : Port de Radès ! Pôles de compétitivité (2000 ha, 50% créations > 100 emplois) Développement technologique : Plan technologique national sur l’industrie 4.0 et sur 20 technologies clés. Financement : Ligne de crédit bonifiée de 3 points d’un montant de 2 Milliards de Dinars par an sur 5 ans, programme de coaching Banques / PME… Emploi et formation : Projets d’adéquation entre l’offre et la demande d’emploi (Elif…). Un nouveau Pacte Social pour une prospérité partagée : Garantir un meilleur climat social, assurer la sécurité et la santé au travail et promouvoir la RSE.
OBJECTIFS GLOBAUX ASSIGNES AUX PACTES A L’HORIZON 2025
*Des exportations à 70 Milliards Dinars (+ 60 %/2019) avec un contenu technologique de 35% *Des investissements industriels à 3 Milliards Dinars (+ 50 %/2019) *Faire partie du Top 50 du classement Davos (87 -ème en 2019)
- Une série d’objectifs spécifiques à chaque filière 8 LA TUNISIE PARTIE PRENANTE DE L’INDUSTRIE 4.0 ?
L’industrie 4.0, ou 4 -ème révolution industrielle, désigne une nouvelle génération d’usines connectées, robotisées et intelligentes. Tous les secteurs sont concernés.
Oui, la Tunisie doit être partie prenante car l’Industrie 4.0, offre l’opportunité d’un raccourci technologique, comme c’était le cas avec les nouvelles technologies permettant de diminuer la taille critique des unités.
Par des nouveaux modes de production plus « smart », elle ouvrira plus de perspectives d’industrialisation à des pays de petite taille. De même, l’industrie 4.0 favorisera les relocalisations au sein de l’UE et dans les pays de proximité tels que la Tunisie.
L’Industrie 4.0 : une menace ou une chance pour l’emploi ?
Les révolutions technologiques ont toujours créé plus d’emplois qu’elles n’en ont détruits.
La France qui a cinq fois moins de robots que l’Allemagne (34 000 contre 162 000), a perdu 2 millions d’emplois industriels (passant de 5 à 3 millions). Les pertes d’emplois s’expliquent donc par le manque de compétitivité et non par la robotisation.
McKinsey prévoit que d’ici 2030, l’industrie 4.0 créera beaucoup plus d’emplois dans le monde (900 millions) qu’elle n’en détruira (400 millions soit 15 % du total).
« La peur que les machines remplacent l’homme ou l’idée que le progrès technique puisse nuire à l’emploi remontent à la nuit des temps, elles sont réfutées par les données ». Daniel COHEN
Enfin, je citerais deux exemples d’entreprises opérant en Tunisie pour illustrer que l’industrie 4.0 y est déjà une réalité.
*ENOVA ROBOTICS, une des premières Startup en Afrique qui fabrique sa propre marque de robots dont un robot de sécurité extérieure à usage civil, pour les grands sites industriels (centrales nucléaires, plateformes pétrolières…). Son premier robot, un véhicule électrique autonome de surveillance et d’alerte à distance, a été exporté en 2015 à un grand groupe de sécurité de la région Rhône Alpes.
*SAGEMCOM, groupe international, implanté notamment en Tunisie, opère sur les marchés de la maison numérique, de la ville et des réseaux intelligents, de l’Internet des Objets… Il fabrique 25 millions de produits par an, dont 10 millions sur son site tunisien grâce à un processus industriel à base d’automates et de robots fonctionnant avec de multiples logiciels dont certains ont été conçus directement par les équipes de développement du site tunisien.
9 CONCLUSION : ENTRE INCERTITUDES ET OPPORTUNITES, LA TUNISIE PEUT ET DOIT S’EN SORTIR La Tunisie doit faire face aux incertitudes et saisir les opportunités offertes par ces évolutions technologiques en développant sa principale richesse : L’existence de milliers d’entrepreneurs de niveau international, qui connaissent parfaitement les marchés mondiaux, les technologies…et de centaines de milliers d’employés et de cadres aux compétences reconnues. Talleyrand disait : « Faute de richesse une nation est pauvre, faute de patriotisme c’est une pauvre nation ». La Tunisie n’est ni pauvre, ni dépourvue de patriotes, elle est riche de ses femmes, de ses jeunes, de ses hommes qui agissent tous les jours pour relever des défis. En conclusion, la Tunisie n’a plus droit à l’erreur, elle peut et doit s’en sortir. Mais, disait Jean Tirole, prix Nobel d’économie : « Une démocratie sans experts court à la catastrophe car elle laisse le champ libre à tous les populismes ».
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