INTRODUCTION I. L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE II L’URBANISME III. LES VISIONS PROSPECTIVES DES VILLES V. CONCLUSION L’urbanisation grandissante que connaît le monde aujourd’hui, notamment dans les pays en développement pose non seulement des problèmes au niveau de la répartition des personnes et des ressources, mais aussi ceux de l’aménagement du territoire et de l’occupation de l’espace.
Les villes tunisiennes n’échappent pas à ce phénomène, et connaissent ces dernières décennies, des changements majeurs dus aux mutations socio- économiques qui se reflètent par un taux d’urbanisation considérable (67,7 %) et un étalement urbain non contrôlé (la surface des zones urbaines a dépassé 300.000 ha en 2010). Et malgré les efforts fournis, notre pays reste marqué, par les disparités géographiques et les écarts de développement entre les régions et pénalisé par l’étalement urbain non maitrisé.
Depuis l’approbation de la constitution en 2014, le débat sur la décentralisation et la gouvernance est devenu d’actualité , pour rappeler les problèmes liés à la centralisation exagérée et la nécessité de promouvoir une gouvernance locale et une démocratie participative dans la gestion des différentes échelles du territoire, Dans un contexte de mondialisation , les enjeux du territoire représentent, désormais, l’un des défis majeurs du 21em Siècle. De ce fait , la politique d’Aménagement du Territoire est appelée aujourd’hui à s’adapter à de nouveaux enjeux tels que l’élargissement des frontières, l’internationalisation de l’économie et la décentralisation, et ce en favorisant les atouts de notre territoire et en valorisant le rôle moteur de nos villes.
L’Aménagement du Territoire est essentiellement l’affaire de l’état, qui a la l’autorité et la responsabilité d’assurer l’équité sociale, économique et territoriale afin de préserver durablement l’ensemble du territoire national, comme lieu de vie et support d’activités.
La politique de l’aménagement de territoire traduit le projet de territoire porté par l’état et ce au travers des choix stratégiques adoptés ainsi que des objectifs visés dans le cadre d’une vision globale, cohérente et équitable de développement des territoires. Le Code de l’Aménagement de territoire et de l’urbanisme (Loi 94-122, du 28 novembre 1994), définit l’aménagement dans l’article 2 comme suit : « On entend par aménagement du territoire, l’ensemble des choix, des orientations et des procédures fixés à l’échelle nationale ou régionale pour organiser l’utilisation de l’espace et même d’assurer notamment la cohérence dans l’implication des grands projets d’infrastructures, d’équipements publics et des agglomérations » .
La politique de l’aménagement de territoire est par définition transversale, multisectorielle et pluridisciplinaire impliquant une multitude de secteurs et d’acteurs pour atteindre les objectifs ultimes escomptés, dans le cadre d’une vision de développement du territoire cohérente et globale, une répartition équilibrée des ressources, des activités et des hommes dans l’espace, afin de préserver l’ensemble du territoire national, L’aménagement de territoire suppose une perspective spatiale consciente et volontariste qui nécessite une part d’autorité et implique un certain interventionnisme . Les objectifs Majeurs de l’Aménagement du Territoire , qui s’inscrive sur le long terme sont:
-
- Assurer une répartition équilibrée de la population et des activités
sur l’ensemble du territoire national ;
- -Assurer l’équité spatiale et la cohésion sociale
-Garantir la cohérence des activités publiques et privées qui
contribuent au développement économique et social du territoire ;
-Promouvoir les conditions d’un développement économique adapté aux spécificités régionales et locales.
-Préserver le patrimoine et l’équilibre environnemental,
L’aménagement de territoire est en fait la recherche dans le cadre géographique, d’une meilleure répartition des hommes en fonction des ressources naturelles et de l’activité économique, par des interventions cohérentes, volontaires et multidisciplinaires, Les enjeux de l’aménagement de territoire sont pluriels, ils sont d’ordre stratégique, économique , sociaux et environnementaux, Avec l’essor de la mondialisation, une dimension internationale est à considérer dans la politique territoriale, à l’instar de:
- La compétitivité et l’attractivité des territoires
- L’équité territoriale et la réduction des disparités spatiales
- Le développement durable à travers la sauvegarde du patrimoine
et la préservation de l’environnement et des ressources
Avec l’évolution des enjeux , la politique de l’aménagement du territoire reste d’actualité et elle devient plus que jamais pour l’État, un moyen d’action primordial pour maitriser la gestion du territoire, à l’échelle nationale et régionale, La planification stratégique territoriale est réalisée à travers la caractérisation des territoires à différentes échelles, le décryptage de leurs problématiques d’aménagement d’aménagement et de développement ainsi que la définition de stratégies capables d’y répondre. Elle peut se traduire par différents documents élaborés à différentes échelles (nationale, régionale ou locale). Les trois niveaux sont couverts en Tunisie avec les outils suivants:
1- Au niveau National : Le Schéma Directeur d’Aménagement de Territoire National ( SDATN )
2- Au niveau Régional :le Schéma Directeur d’Aménagement des Régions Economiques (SDARE)
3-Au niveau régional : le Schéma Directeur d’Aménagement (SDA)
La portée effective de la planification stratégique territoriale est toutefois une question récurrente et dépend notamment du caractère interministériel de son élaboration et de sa mise en oeuvre ainsi que du portage opérationnel et politique dont elle fait l’objet. Evolution Historique de l’AT en Tunisie
Le concept est apparu à la fin de la deuxième guerre mondiale
1956-1969 1970-1986 1984-1995 1995-2007
Perspectives décennales une stratégie d’industrialisation SNAT 1984 SDATN 1995 de développement visée pour l’exportation renforcer la structure la mise en place du Code un développement spatiale de la Tunisie régional équilibré et autour du pivot tunisois La primauté de la de l’investissement une mise en valeur des et de l’axe littoral régions peu peuplées oriental pour une planification économique en1969. La loi 1972 et de l’intérieur. ouverture mondiale.
et d’une politique celle d’août 1974 un développement logique de métropolisation volontariste de traduisent l’option
développement du marché libérale et l’ouverture au
intérieur du pays capital privé
L’économie planifiée Le tournant libéral régional équilibré La primauté de la planification économique :1956-1969
-la mise en valeur agricole La promotion de l’industrie (travaux de C.E.S., de la consolidation du Par la création de pôles de plantations, marché intérieur et Développement création
d’offices de développement introduisant une nouvelle et de mise en valeur, etc.), en vue de
minimiser le dimension spatiale et -le renforcement des
danger résultant inscrivant l’équilibre infrastructures et grands
d’une excessive régional comme objectif à équipements (routes, pistes concentration de atteindre. agricoles, etc.). l’appareil productif -Cellulose à Kasserine 1960 -L’Amélioration
- S.Sucre à Béjà (1961), des
surtout à Tunis conditions de vie tant en
- T. Phosphates à Sfax (1963), milieu rural qu’en ville
- Raffinage à Bizerte (1964) (travaux d’adduction et
-El Fouledh M.Bourguiba d’alimentation en eau (1964) potable, d’assainissement, -I.C.M à Gabès (1973) l’habitat … modèle de développement libéral ou l’émergence de l’aménagement
du territoire : 1970-1990
-la loi 68-3 du 8 mars 1968 L’émergence de
l’encouragement de -la loi 69-35 de juin 1969 l’aménagement du
l’initiative privée tout la loi 72-38 du 27 avril 1972 territoire
en s’appuyant sur Impact économique positif -Département d’AT.
l’apport du secteur contre un impact spatial -CIAT décret 70-274 du 7
public consolidé et en caractérisé par une Août 1970
préservant les aggravation des disparités -District de Tunis
coopératives encore régionales. -Sociétés Nationales
fonctionnelles ou -La loi 73-82 du 31 -Agences foncières
celles créées dans le décembre 1973
cadre des agro- (F.O.P.R.O.D.I.) -Arsenale d’études d’AT
combinats, des fermes -La loi 74-74 du 3 août 1974
pilotes et autres une dynamique de -Des décisions
coopératives de création d’unités d’aménagement souvent
services industrielles de petites et incohérentes
moyennes tailles, Contexte: -Croissance démographique -Mutation économique et changement de mode de vie -Contraste entre zones bien équipées et zones moins
- équipées
- Rareté des ressources
Les Objectifs du SNAT
- Croissance économique & modernisation des niveaux de vie.
- Un développement proportionnellement plus rapide
des régions intérieurs et du sud afin d’éviter que les disparités spatiales ne se transforment en inégalités sociales .
- L’équilibre regional
Les moyens de mise oeuvre: -L’intégration du territoire national: infrastructure, équipements collectifs , -Sauvegarde des ressources naturelles: mesures de protection contre les risques, L’orientation spatiale des choix économiques par des mesures d’incitation et d’orientation. Schéma Directeur d’Aménagement du Territoire National- 1996
Objectifs et Orientations du SDATN 1996-(2008)
Mondialisation -Cohesion sociale Economie-Ecologie
Les options du S.D.A.T.N. retiennent cinq principes de base constituant, la matière même de l’aménagement du territoire :
-L’intégration nationale culturelle et réelle (équité, unité et fluidité du marché du
travail, interconnexion du pays, etc.) ; -Le respect du milieu prenant en compte le développement durable ;
- L’ancrage historique et social : où l’aspect socio-économique est étudié sous
l’angle culturel, sociétal et historique ;
- L’efficacité urbaine intégrant la population des villes dans une même urbanité et
dans des conditions de vie décentes ; -La promotion d’un développement industriel compétitif vis-à-vis du marché européen.
Nouvelle approche de territoire en rupture avec le SNAT de 1984
·Document Orientation
Orientations du SDATN
- Une politique d’aménagement du territoire essentiellement formelle et un statue mineur
de l’aménagement du territoire,
-Les stratégies adoptées dans la mise en place d’une politique d’aménagement du territoire depuis l’indépendance montrent que ce sont les choix politiciens qui ont guidé et marqué l’aménagement du territoire et non les choix stratégiques de territoire ,
-L’incohérence entre deux types de structures de l’état les structures territoriales et les structures sectorielles.
- Les problématiques de mise en cohérence entre la politique d’aménagement du territoire et
les politiques sectorielles à travers une véritable coordination intersectorielle sont importantes. Elles se reflètent dans le positionnement de l’aménagement du territoire au sein du dispositif institutionnel sectoriel (sans autorité sur les autres secteurs)
-La multiplication des structures et d’acteurs sans coordination a conduit à des politiques incohérentes en matière d’aménagement,
-L’absence totale d’articulation entre l’aménagement et la planification économique et la déficience de cadre de cohérence.
- Les politiques d’aménagement du territoire sont considérés comme des activités complexes et à
faible applicabilité, les projets économiques sectoriels sont perçus comme des actions réelles et concrètes ,
- Des interventions sectorielles cloisonnées et déconnectées de la planification: se traduisent
par les difficultés de mise en oeuvre des politiques sectorielles: transports, habitat , et par l’incohérence entre les politiques d’implantation des zones industrielles , touristiques, de l’habitat avec les politiques de planification spatiale,
-Décalage entre les documents stratégiques d’aménagement du territoire et les plans de développement économiques sectoriels,
-L’absence de légitimité des documents d’aménagement , non décrétés,
-Les outils d’aménagement du territoire qui ne jouent que faiblement leur rôle d’instrument de développement.
-Le SDATN : le document national cadre et stratégique présente des modalités de mise en oeuvre déficientes,
-Les documents d `aménagement de territoire , sont souvent soit ignorés soit insuffisamment pris en compte par les acteurs sectoriels tels que les ministères du transport, de l’éducation, de la santé ou les opérateurs de réseaux dans l’élaboration de leurs propres plans et programmes d’aménagement et d’investissement.
-Des déclinaisons institutionnelles, organisationnelles, territoriales ou thématiques du SDATN inopérantes ou non réalisées,
-Un dispositif de suivi et d’évaluation de documents d’aménagement du territoire inopérants Problématiques des villes tunisiennes
Carte élaborée par Nawet, sur la base de données INS, recensement 2014 Disparités régionales Source association « les cahiers de la liberté »
- Replacer l’état au coeur d’une politique nationale d’aménagement du territoire
- Faire de l’aménagement du territoire un critère prioritaire de la régulation et des choix
d’investissement de l’État.
- Evaluer l’efficacité des différents outils de planification stratégiques du territoire dans un
objectif d’optimisation et de performance, et revoir fondamentalement les approches de prospective territoriale
- Revoir le positionnement de la structure chargée de l’aménagement du territoire et lui
accorder la mission de coordination stratégique du territoire national avec les différents secteurs
- Faire de la contractualisation la méthode centrale de l’aménagement du territoire pour
permettre une adaptation des politiques publiques et de leurs ressources aux besoins de chaque territoire.
-Corréler les orientations d’aménagement du territoire, avec le développement territorial , économique et social
-Développer des réseaux des villes petites ,moyennes et grandes pour en faire le pilier de développement et de cohésion territoriale ,
-Renouveler nos approches territoriales stratégiques en optant pour des projets de territoire structurants, « La planification urbaine en Tunisie a dépassé aujourd’hui, les moyens de l’Etat, ce qui explique l’apparition de difficultés à maîtriser les effets de la croissance urbaine (lutte contre l’habitat anarchique, l’économie informelle et la dégradation de l’environnement …)… »
Adnene Haydar, chef du département géographie, à. l’université de Tunis L’urbanisme consiste à l’organisation et à l’aménagement des espaces urbains. Il s’agit de rechercher un équilibre entre le bien-être des habitants, la dynamique économique, l’amélioration des rapports sociaux sans oublier la préservation de l’environnement.
L’urbanisme est aussi l’ensemble des règles et mesures juridiques qui permettent aux pouvoirs publics de contrôler l’affectation et l’utilisation des sols. (Divers plans d’urbanisme sont élaborés à cet effet : PAU, PAD, lotissements, etc.)
L’urbanisme est l’un des domaines majeurs qui a été décentralisé aux collectivités locales par le Code des Collectivités Locales (promulgué en 2018). Depuis lors, les communes et groupements disposent de la compétence de principe en matière de documents d’urbanisme, d’aménagement urbain ainsi que de permis de construire et d’autorisations et d’actes relatifs à l’occupation ou à l’utilisation du sol. Nous devons mieux comprendre les défis auxquels seront confrontées, dans leur diversité, nos villes dans les années à venir afin de pouvoir mieux les appréhender.
Les défis majeurs concernant l’avenir du développement urbain des villes sont essentiellement :
La gouvernance locale et la promotion d’une politique intégrée de la ville.
La qualité de vie et de l’habitat dans un contexte de durabilité.
La compétitivité économique et la vitalité socio-économique dans un contexte de mondialisation.
La cohésion sociale et l’équité urbaine pour garantir un vivre ensemble harmonieux dans des espaces de mixité sociale, fonctionnelle et culturelle . 1- Le PAU : Le Plan d’Aménagement Urbain , fixe les règles et les servitudes d’utilisation des sols : usage, densité, tracé des voies, zones de protection, de sauvegarde et de mise en valeur, les règles d’urbanisme. Il est élaboré par les collectivités en collaboration avec les services.
Le règlement d’urbanisme fixe les règles d’urbanisme : le COS, le CUS, les servitudes, les densités, les activités tolérées, les activités interdites, les voies et leurs caractéristiques, le type de logement, les espaces verts, les espaces de sauvegarde ou de mise en valeur…
2, Le PIF : Périmètre d’intervention foncière Il est fixé par décret, il constitue le plan d’aménagement différé (PAD)
3- Le PRF : Périmètre de Réserves Foncières Ce sont des périmètres de réserves foncières destinées aux opérations futures, situées en dehors de la zone du PAU pour constituer des réserves futures.
4- Le lotissement qui est toute division d’une parcelle sur trois ou plus lots destinés à la construction.
5- Le Permis de bâtir Nécessaire pour toute construction nouvelle ou pour toute modification
6- Permis d’occuper C’est un permis accordé à la suite d’un procès verbal de récolement (PVR).
Le Plan d’aménagement urbain d’une Commune est l’outil de planification exécutoire le plus important qui fixe les règles et servitudes d’utilisation des sols et détermine :
- les zones selon l’usage principal qui leur est assigné ou selon la nature des activités dominantes qui
peuvent y être exercées et celles qui doivent y être interdites.
- La densité des constructions autorisée dans chaque zone fixée en fonction de la capacité de l’accueil de
l’infrastructure et des équipements collectifs déjà existants ou à réaliser, de la qualité des sols de ces zones, des risques naturels éventuels et des facteurs environnementaux.
- Le tracé des voies de circulation à maintenir, à modifier ou à construire et la fixation de leurs
caractéristiques.
- Les zones de protection des monuments historiques, les zones de sauvegarde, les sites culturels,
archéologiques, agricoles et naturels ayant fait l’objet d’une réglementation de pression, de sauvegarde ou de mise en valeur ainsi que les zones devant être conservées eu égard à leur spécificité, telles que le littoral.
- Les emplacements réservés aux ouvrages, aux équipements collectifs, aux équipements d’utilité
publique, aux espaces verts et aux places publiques et ce, conformément à une grille d’équipement fixée par décret.
- Les règles d’urbanisme relatives au droit d’implantation des constructions, à leur nature et à leur
affectation, COS, CUF, Hauteur , Retrait , Alignement
Le Processus de l’élaboration d’un PAU L’Etat, les collectivités locales et les agences foncières créées en vertu de la loi n°73-21 du 14 avril 1973 et l’Agence de Réhabilitation et de la Rénovation Urbaine créée en vertu de la loi n°81-69 du 1er août 1981, peuvent préparer des plans d’aménagement de détail des zones destinées à réaliser des programmes d’aménagement, d’équipement ou de rénovation fixés par les autorités compétentes Le lotissement est toute opération de division d’une parcelle de terrain en un nombre de lots supérieur ou égal à trois, destinés, après aménagement, à la construction de locaux à usage d’habitation, à usage professionnel, industriel, touristique ou à recevoir des équipements collectifs sociaux et culturels. Le lotissement permet de:
- Exécuter des orientations et des directives précisées par les outils de planification urbaine
notamment le PAU
- Garantir une homogénéité et une harmonie dans l’espace urbain
-Offrir des espaces aménagés pour réduire l’extension urbaine anarchique
- Encourager l’activité économique et l’investissement
- L’absence de maitrise de l’étalement urbain et la prolifération de
l’habitat anarchique et non réglementé
- La dégradation de la qualité urbaine et environnementale des villes
et du cadre de vie des habitants
- Le décalage entre l’offre et la demande en ce qui concerne le
logement (production de l’habitat de haut standing importante au détriment de l’habitat social qui reste insuffisante)
- La spéculation foncière et l’augmentation vertigineuse des prix de
l’immobilier
- L’absence de partenariat public- privé limite la réalisation de grands
- La complexité des procédures de réalisation des projets qui engendre
des retards conséquent dans la production de l’habitat
-La limite des outils de planification urbaine (non incitatifs)
- Un développement du secteur de la construction et de l’habitat limité
avec peu d’innovations technologiques
- L’élargissement du fossé entre les documents d’urbanisme et les
réalités locales, dus à des interventions au coup par coup des autorités locales sans relation avec les documents de planification urbaine,
- Approche de planification linéaire, sectorielle et non interactive,
- L’absence des procédures de contractualisation et de montage
financier participatif (surtout de point de vue réalisation des infrastructures et des équipements),
- L’absence d’approche participative dans le choix et la conception des
- L’inefficacité des outils de contrôle et de maitrise du foncier ce qui
engendré une hausse du pourcentage de l’habitat non réglementaire (plus de 40% du parc logement actuel) et une hausse vertigineuse du coût de logement Les besoins de la Tunisie actuelle en matière d’urbanisme ne sont plus les mêmes que ceux d’il y a dix, vingt ou trente ans.
- Faire de l’Etat le partenaire des territoires régionaux et locaux
-Faciliter la réalisation de projets complexes ou ambitieux à haute valeur ajoutée,
- Promouvoir l’investissement et assurer un développement économique à
travers des projets
- Passer d’une logique de textes juridiques à une culture de projet : les
textes juridiques et les procédures doivent être au service du projet ,
- Adapter, simplifier, le cadre législatif et réglementaire et se concentrer sur
l’essentiel,
- Répondre aux enjeux de renouvellement urbain sur des territoires plus
complexes et contraints où les opérations de réaménagement urbain sont coûteuses et moins rentables, -Construire de nouvelles approches pour une planification urbaine intégrée et durable, Rechercher de nouveaux mode de financement et de régulation privé /public Transformer les modes de prise de décision pour la mise en place d’une Urbanisation autonome locale dans le cadre de la décentralisation
- Instauration d’une nouvelle vision de la planification urbaine en
cohérence avec les principes de gouvernance urbaine démocratique et de participation citoyenne à la vie locale et la révision des documents d’urbanisme pour en faire :
- Des outils de planification stratégique et des instruments d’urbanisme et
d’aménagement efficients et dynamiques.
-Un support d’une politique de la ville et d’un programme de développement économique , social et environnemental de la ville à court et moyen termes.
- La prise en charge de l’intercommunalité pour une continuité territoriale et
urbaine et la création de communautés urbaines.
- L’Actualisation et adoption des normes de planification urbaine en
fonction des besoins et de la taille des villes,
- Le Développement de méthode d’ évaluation et de suivi d’application des
outils d’urbanisme à travers l’usage d’indicateurs de suivi des systèmes d’information géographiques SIG ,
- La Définition des mécanismes de financement de l’aménagement du
territoire et de l’urbanisme et révision de la Fiscalité locale .
Nous devons être conscients que le développement de nos villes
déterminera l’évolution économique, sociale et territoriale
future de notre pays et que les villes jouent un rôle essentiel en
tant que moteurs de l’économie, lieux de vie et de production et
centres d’échanges et de services. .. lieux de connectivité, de
créativité et d’innovation
La réflexion sur l’avenir durable et le développement de visions stratégiques des villes de demain revêt une importance capitale à tous les niveaux. Et dans ce sens une inversion du regard pour renouveler la planification urbaine devient indispensable.
L’intervention sur le territoire exige un travail permanent de va et vient entre le
présent et le futur selon une démarche privilégiant la prospective et non la
prévision. Il s’agit de faire projeter le futur dans le présent et non le présent dans le
futur. Il s’agit de privilégier la prospective sur la perspective et la prévision à
l’instar des techniques de l’actualisation de l’analyse financière. La prospective
implique les techniques permanentes d’anticipation permettant d’agir à court
terme pour façonner le long terme.
Nous devons être conscients que le développement de nos villes déterminera l’évolution économique, sociale et territoriale future de notre pays et que les villes jouent un rôle essentiel en tant que moteurs de l’économie, lieux de vie et de production et centres d’échanges et de services. .. lieux de connectivité, de créativité et d’innovation,
La réflexion sur l’avenir durable et le développement de visions stratégiques des villes de demain revêt une importance capitale à tous les niveaux. Et dans ce sens une inversion du regard pour renouveler la planification territoriale et urbaine devient indispensable de nos jours. L’ intervention
L’approche prospective stratégique se distingue de la planification classique par les aspects suivants :
Anticiper une vision de la ville et chercher à la créer, et provoquer une rupture par rapport à une tendance jugée inappropriée.
Agir simultanément sur tous les leviers disponibles pour atteindre cet objectif, y compris ceux qui ne font pas partie du champ traditionnel de l’urbanisme (économie, éducation, culture, santé, communication…).
Mobiliser méthodiquement des groupes d’acteurs publics et privés, dans de nouvelles formes de gouvernance politique, de nouveaux partenariats publics et privés, en accordant une attention particulière à la communication,
Permettre la réalisation de projets urbains structurants , à plus value urbaine,
Traduire par une modification significative des approches d’intervention, des méthodes transversale et multisectorielle et des compétences pluridisciplinaires. III. LA VISION PROSPECTIVE DES TERRITOIRES ET DES VILLES
La gouvernance urbaine doit se concentrer sur la compréhension des potentialités de développement possibles de la ville et l’orientation vers des choix durables en se fondant sur une vision partagée de la ville
Les villes ont besoin d’outils et d’instruments appropriés de planification stratégique et d’élaboration de visions collectives. Il est fondamental dans ce contexte que les villes disposent de la capacité de conduire des exercices de prospective et de formuler leur propre vision de l’avenir.
La prospective est un exercice qui consiste à penser l’avenir, à travers un processus systémique et participatif de mobilisation de l’intelligence pour penser l’avenir. Il s’agit d’élaborer des visions à long termes pour prendre des décisions aujourd’hui et pour stimuler des actions préventives pour le futur. La prospective est une méthode permettant d’engager des acteurs de manière
proactive dans l’identification d’un avenir souhaité. Il est admis qu’avant de pouvoir prendre des décisions qui ont des implications à long terme, il est nécessaire d’engager un dialogue sur les choix et les orientations futurs. En termes de finalités , il existe une vision partagée de « la ville de demain en tant que: Lieu de vie et de progrès social avancé caractérisé par une forte cohésion
sociale, une répartition équilibrée des activités avec une mixité fonctionnelle et sociale, ainsi que des services sociaux, de santé, d’éducation ,de loisirs ,de culture…pour tous; Plateforme pour la démocratie participative, le dialogue et la diversité culturels; Lieu de régénération urbaine, ,écologique ou environnementale; Lieu attractif, compétitif et moteur de croissance économique, Potentiel important de la diversité socio-économique, culturelle et générationnelle, exploité davantage comme une source d’innovation. les petites et moyennes villes prospères et dynamiques doivent jouer un rôle important pour promouvoir un développement territorial équilibré urbain-rural.
Les approches classiques de planification urbaine sont progressivement remplacées par celles de développement urbain durable et de projets urbains.
Le projet urbain présente plusieurs dimensions, et peut être défini à la fois comme un processus concerté et un projet territorial ,
Il consiste à définir et à mettre en oeuvre des mesures d’aménagement sur un territoire urbain donné, en partenariat avec tous les partenaires institutionnels concernés et Privés , intégrant les différentes échelles territoriales et le long terme, en vue d’un développement urbain durable . TARP URA à fS ax
MASRET PLAN
Foncier de 420 hectares donnant sur la mer meditérannée
38 III-2 L’URBANISME DE PROJETS
- Les projets urbains sont des outils de planification urbaine.
- Nouvelle approche des grands projets structurants en vue d’une facilitation
des procédures et ce , dans un souci majeur d’incitation à l’investissement et l’encouragement de réaliser des projets urbains importants et structurants à rayonnement intercommunal ou même régional et National
- Il s’agit d’un mode de production de l’espace urbain qui dénote d’un
d’intérêt pour l’architecture et pour le projet en cherchant une place entre la planification et l’architecture, entre l’urbanisme et l’architecture, entre la forme urbaine et le projet architectural. Le Projet Urbain est essentiellement une approche d’intervention sur la
ville , et une stratégie de:
- Penser la ville à travers des projets structurant à haute valeur ajoutée
- De planifier l’évolution et la croissance de la ville sur la durée,
- D’ancrer les projets dans le contexte et d’affirmer l’identité territoriale
Le Projet Urbain est d’abord l’affaire des villes, des responsables locaux, de ses habitants,…mais aussi celle des professionnels. III-3 L’URBANISME D’ANTICIPATION: LES VILLES NOUVELLES
- La ville nouvelle en tant que projet urbain et comme instrument de
planification urbaine prospective
- Réponse judicieuse à une nécessité d’alléger la pression sur les
tissus urbains déjà existants et la création de nouvelles entités urbaines à la lumière d’études approfondies sur le choix des sites , d’opportunités et de viabilité économique des projets .
-Les villes nouvelles incarnent un véritable changement dans le processus d’aménagement pour leurs objectifs qui dépassent très largement celui du projet architectural, elles visent la construction d’une ville dans son ensemble, cohérente , polyfonctionnelle, mixte,,,,. Elle est souvent considérée comme projet urbain pour le principe de la globalité. III- 3 L’URBANISME PREVENTIF -FAIRE LA VILLE SUR LA VILLE
- Développer une nouvelle approche d’intervention dans l’espace
urbain pour faire « la ville sur la ville », permettant ainsi la mutabilité et la résilience de la ville à travers un développement urbain maitrisé et une régénérescence du tissu existant.
- Définir des pistes de réflexion et d’action sur la permanence, la
mutation et l’adaptabilité des villes ou de parties de ville en tenant compte des échelles d’intervention : comment agir sur l’urbain à travers la recomposition architecturale , l’économie du territoire et la qualité des espaces publics .
- Engager un travail sur les différentes typologies d’intervention sur
les sites, les quartiers et les bâtiments existants : reconversion, rénovation, réhabilitation, régénération, renouvellement, restructuration,… permettant la réalisation de projets urbains innovants et intégrés, répondant à une demande d’habitat et offrant des espaces publics de qualité BIZERTE SMART CITY 2050
La vision prospective de Bizerte smart city est en cours Port financier à Kalaat Andalous Conclusion
Face à la situation de nos villes et de nombreux territoires , il y’a lieu de repenser aujourd’hui l’aménagement du territoire et la planification urbaine de nos villes pour en faire une priorité de l’action publique. C’est par une approche renouvelée qui suppose de redéfinir le rôle de l’Etat, des collectivités territoriales et locales et des autres partenaires publics et privés, que cette politique devient un levier de développement.
Une vraie politique d’équilibre des territoires devra être porteuse d’équité, mais aussi de développement et d’ouverture sur le monde .
Une politique ambitieuse, s’inscrivant dans une approche prospective d’aménagement du territoire et des villes et est non seulement possible mais également indispensable pour notre pays en ce début de 21e siècle. Il faut en définir les priorités et se doter des moyens nécessaires pour les mettre en oeuvre. Merci pour votre attention
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