Lu pour vous № 2860

Lu pour vous : Internationalisation de l’Enseignement Supérieur dans la région MENA

Internationalisation de l'Enseignement Supérieur dans la région MENA

Internationalisation de l’Enseignement Supérieur dans la région MENA

Par le Centre pour l’Intégration en Méditerranée, relevant de la Banque Mondiale.

Ce rapport, de 110 pages, fait état de la situation des jeunes de la région qui se trouvent confrontés à des niveaux élevés de chômage et d’exclusion, dans la mesure où ils quittent souvent le monde de l’enseignement sans avoir acquis les connaissances et compétences nécessaires pour réussir sur le marché du travail changeant. Ce qui les laisse confrontés au sous-emploi, au travail informel et à l’immigration clandestine. Cette situation est propice à l’instabilité politique des pays concernés, confrontés à plusieurs défis socio-économiques et ce, d’autant plus que la tendance mondiale s’oriente vers plus de nationalismes et de politiques identitaires, avec un renforcement des frontières et un sentiment croissant anti immigration, partout dans le monde.

Pour un espace méditerranéen favorable à la mobilité.

Dans un tel contexte, une ouverture vers le régional semble impérative. Cela nécessitera d’investir sérieusement dans le capital humain et de repenser l’éducation pour inclure une mobilité plus grande des personnes, des connaissances et des compétences. En cela, l’internationalisation de l’enseignement supérieur doit jouer un rôle important par le biais de partenariats et de collaborations, entre établissements d’enseignement supérieur, visant le partage des cursus ainsi que la mobilité des étudiants et du personnel enseignant. Ces établissements gagneraient à s’adapter rapidement aux nouveaux modèles innovants d’apprentissage en ligne et à intégrer l’internationalisation dans les activités principales des universités. L’objectif serait la promotion d’un espace méditerranéen favorable à la mobilité des personnes, des idées, des connaissances et des compétences pour le développement d’une prospérité partagée.

Trois motivations militent en faveur de cette approche : Le manque de données, de recherches et d’analyses sur le sujet dans la région MENA. Le souhait exprimé par les établissements d’enseignement supérieur de la région d’être éclairés sur la manière la plus efficace de promouvoir et de stimuler cette internationalisation. Les avantages potentiels de l’internationalisation de l’enseignement supérieur que peut tirer chacun des pays concernés. L’objectif du rapport sera, en définitive, de stimuler le dialogue politique nécessaire aux recherches indispensables pour approfondir la question dans la mesure où, depuis quelques années, l’accès à l’enseignement supérieur a été considérablement élargi du fait de la révolution technologique, avec, comme conséquence, un caractère plus sophistiqué et mondial : « Le processus intentionnel d’intégration internationale a pour objectif d’améliorer la qualité de l’éducation et de la recherche pour tous les étudiants et personnels et d’apporter une contribution significative à la société ».

C’est ainsi que : L’internationalisation peut être multiforme : Mobilité, partenariat (diplômes conjoints), collaboration, échanges, campus délocalisés, cours à distance etc.

Elle peut avoir de nombreux avantages économiques et socio- politiques pour les étudiants comme pour les établissements. Elle peut aider les gouvernements à attirer les étudiants étrangers motivés par les questions de la langue, des frais de scolarité, des visas, de la réputation des programmes, entre autres.

Quatre questions importantes.

1 L’internationalisation de l’enseignement supérieur : modèles et dimensions.

L’internationalisation couvre une variété très large d’éléments et d’activités dont la mobilité des étudiants et / ou du personnel est la composante la plus cruciale. Mais elle concerne aussi la mobilité des programmes et des prestataires (franchise, jumelages, diplômes communs, campus délocalisés) pouvant évoluer jusqu’à la création de véritables pôles d’enseignement, de formation, de recherche et d’innovation. L’internationalisation « à domicile » est aussi une option pour les étudiants n’ayant pas la possibilité de voyager à l’étranger.

2 Les avantages de l’internationalisation de l’enseignement supérieur.

Au nombre de quatre, ils concernent : L’économie : Pour le pays d’accueil, elle est « labellisée » comme industrie « exportatrice ». Une corrélation positive existe entre la proportion d’étudiants étrangers et l’indice de compétitivité mondial. La qualité de l’éducation : L’augmentation de l’internationalisation est positivement corrélée avec l’amélioration de la qualité de l’enseignement. L’influence : L’internationalisation renforce l’influence et la réputation du pays sur la scène régionale et mondiale. La compétence et l’employabilité : Les étudiants à l’étranger stimulent leurs compétences et ont de meilleures perspectives d’emploi et un niveau de chômage plus bas.

3 L’internationalisation de l’enseignement supérieur dans la région MENA.

Malgré les ressources investies, la qualité de l’enseignement supérieur est considérée comme faible dans de nombreux pays. Le chômage des jeunes y est très élevé (26 %). Le diplôme ne garantit pas les connaissances et les compétences adaptées au marché du travail. L’internationalisation n’y est pas très avancée, malgré quelques exceptions : Mise en place de certaines activités d’internationalisation « à domicile », pôles d’enseignement, partenariats transméditerranéens, enseignement en ligne. La mobilité entrante des étudiants dans la région MENA a, cependant, fortement augmenté au cours de la décennie passée, atteignant 3,1 % en faveur essentiellement des EAU et de Qatar (respectivement 1/4 et 1/3 du total de leur population étudiante) et dans une moindre mesure, la Jordanie, Bahreïn et le Liban. Les pays d’Afrique du Nord attirent moins d’étudiants entrants que la moyenne mondiale. Cependant dans l’ensemble de la région MENA, les inscriptions d’étudiants étrangers augmentent plus vite que les inscriptions domestiques.

En ce domaine, l’Egypte, la Jordanie et le Liban sont considérés comme « destinations matures », l’Iran, les pays du Golfe et le Maroc comme « destinations émergentes », alors que la Tunisie serait une « destination de transition » et l’Algérie une « destination fermée ». La moitié des étudiants internationaux viennent de la région MENA elle-même (45 % d’entre eux du Moyen Orient, 10 % d’Afrique du Nord, 21 % du Sud et Sud-Est de l’Asie, 16 % d’Afrique Sub- saharienne et seulement 3 % des pays d’Europe). La mobilité sortante de la région n’est, au contraire, avec 4,5 %, pas loin du double de la moyenne mondiale de 2,4 %. L’Afrique du Nord, cependant, se rapproche de la moyenne mondiale. Le départ à l’étranger est généralement perçu, au retour, comme une augmentation du niveau national de capital humain. Les taux de mobilité sortante élevés alertent, cependant, sur des manques dans l’offre d’enseignement dans les pays d’origine. La langue joue un rôle important dans le choix du pays de destination ainsi d’ailleurs que la proximité géographique. A partir des années 2000, campus délocalisés et pôles d’enseignement constituent un phénomène émergeant de l’internationalisation de l’enseignement supérieur dans la région MENA, surtout dans les pays du Golfe (EAU et Qatar).

4 Une marche à suivre pour exploiter au mieux le potentiel d’internationalisation.

L’internationalisation gagnerait, d’abord, à s’insérer dans un cadre plus large de réforme de l’enseignement supérieur et à prendre en considération la gouvernance que cela implique car les contextes sociaux, politiques et économiques varient d’un pays à l’autre. Cela suppose différentes stratégies d’internationalisation adaptées à chaque contexte. Il s’agira d’une façon générale : D’accroitre la mobilité entrante en prenant en considération les facteurs de décision des étudiants concernés grâce à des partenariats négociés entre établissements. D’accroitre la mobilité sortante par l’octroi de bourses et la mise en place de mécanismes assurant le retour de la majorité afin d’éviter la fuite de cerveaux, ou de bénéficier de leur contribution au développement d’une façon ou d’une autre. D’accroitre l’internationalisation « à domicile » qui devrait être la clé de voute pour la région MENA en raison de l’étendue de ses avantages en matière de gain de compétences, d’employabilité et en raison de sa relative facilitée et des faibles couts de sa mise en oeuvre.

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https://documents1.worldbank.org/curated/en/214231616043916586/pdf/Internationalizat ion-of-Tertiary-Education-in-the-Middle-East-and-North-Africa.pdf Mots clés : Internationalisation. Enseignement Supérieur. Région MENA.