Lu pour vous № 3039

Lu pour vous : Rapport de la Banque Mondiale Perspectives économiques mondiale

Le Groupe de la Banque Mondiale a publié en janvier 2022, son rapport "Global economic prospects» rédigé par M. Ayhan Kose et Franziska Ohnsorge, sous la direction d'Indermit Gill. Le rapport de 208 pages qui comporte…

Résumé du rapport de la Banque Mondiale

Perspectives économiques mondiale

Le Groupe de la Banque Mondiale a publié en janvier 2022, son rapport “Global economic prospects» rédigé par M. Ayhan Kose et Franziska Ohnsorge, sous la direction d’Indermit Gill. Le rapport de 208 pages qui comporte une centaine de courbes / diagrammes et une vingtaine de tableaux est structuré en 4 chapitres :

  • Les perspectives mondiales au vu du développement de la pandémie de la Covid -

19, risques, évolutions récentes, endettement des pays à faibles revenus, défis politiques.

  • Les perspectives régionales, développements récents et risques.
  • Le cycle des prix des matières premières, moteurs et politiques.
  • L’impact de la COVID-19 sur les inégalités mondiales des revenus.

Selon le rapport, avec la troisième année de la Covid -19, l’économie mondiale connait des risques et incertitudes considérables. En 2021, la production a rebondi, dans de nombreux pays, après une forte baisse en 2020. Les déséquilibres macroéconomiques ont atteint un niveau sans précédent et les dettes, dans plusieurs économies avancées, ont atteint des niveaux records par rapport au PIB nécessitant, ainsi, une restructuration. Les perspectives mondiales sont assombries par divers risques à la baisse, à cause de l’apparition de l’Omicron et, probablement, de l’éclosion de nouvelles variantes de virus. L’impact de la Covid -19 est amplifié par les effets dus aux changements climatiques qui pourraient accroître la volatilité des prix des matières premières.

Après un rebond de l’économie mondiale, estimé à 5,5 % en 2021, il est attendu une décélération, estimée à 4,1 % en 2022, reflétant les poussées continues de la Covid -19, la diminution du soutien financier et le retrait des mesures de soutien budgétaire et monétaire à travers le monde. Les mesures de politique monétaire sont entravées par la montée de l’inflation qui frappe durement les travailleurs à faible revenu. Dans les économies émergentes et en développement, elle a atteint un niveau record depuis 2011.

La croissance mondiale devrait ralentir encore à 3,2 % en 2023. Ce ralentissement s’accompagnera d’une divergence progressive des taux de croissance entre économies avancées et économies émergentes et en développement. Les économies avancées devraient voir leur taux de croissance fléchir de 5 % en 2021 à 3,8 % en 2022 et à 2,3 % en 2023. Les économies émergentes et en développement demeureront en deçà de leurs niveaux de 2019. Leur croissance qui a rebondi pour atteindre 6,3% en 2021, devrait ralentir à 4,6% en 2022. En 2023, la baisse devrait se poursuivre jusqu’à 4,4 %, ce qui est inférieur aux 5,1%, pourcentage moyen de la dernière décennie.

La croissance dans la plupart des économies de marché émergentes et en développement en 2022-2023 devrait revenir aux taux moyens enregistrés au cours de la décennie qui a

précédé la pandémie, à l’exception de l’Asie de l’Est et du Pacifique. Cette croissance ne permet pas la récupération des reculs de production pendant la pandémie. Toutefois, plus de la moitié des économies de l’Asie de l’Est et du Pacifique, de l’Amérique latine, des Caraïbes, du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et les deux cinquièmes des pays de l’Afrique subsaharienne resteront en deçà de son niveau de 2019 du PIB par habitant, d’ici 2023.

Ce rapport des perspectives économiques mondiales comprend des documents analytiques sur les caractéristiques et les conséquences des cycles mondiaux des prix des matières premières, l’incidence de la pandémie de la Covid -19 sur l’inégalité mondiale des revenus. La hausse des inégalités et les problèmes de sécurité sont particulièrement préjudiciables aux pays en développement, souligne le Président du Groupe de la Banque Mondiale David Malpass.

Les économies de marché émergentes et en développement connaissent une reprise plus faible que dans les économies avancées, en raison du ralentissement de la vaccination et d’un faible soutien politique pour faire face à l’impact de la Covid -19.

Les investissements devraient y être nettement plus faibles que dans les économies avancées.

Selon le rapport, la dernière résurgence pandémique d’Omicron souligne la nécessité d’efforts coordonnés, à l’échelle mondiale, pour contrôler la pandémie et assurer une plus grande équité et un accès mondial aux vaccins. Une coopération internationale s’avère plus que nécessaire pour favoriser la viabilité de la dette dans les pays les plus pauvres et s’attaquer au coût croissant du changement climatique. Mari Pangestu, directrice générale de la Banque Mondiale pour les politiques de développement et les partenariats, assure que « les choix que feront les décideurs politiques, dans les quelques années, seront déterminants pour la prochaine décennie. La priorité immédiate est de garantir un déploiement plus large et équitable des vaccins afin de parvenir à juguler la pandémie. Mais il faudra aussi un appui soutenu pour réparer les reculs essuyés sur le front du développement, dont notamment la montée des inégalités. Dans un contexte de dette élevée, la coopération mondiale sera essentielle pour aider à accroître les ressources financières des économies en développement afin qu’elles puissent parvenir à un développement vert, résilient et inclusif. »

Le rapport souligne que les économies émergentes et en développement devront renforcer

leurs perspectives de croissance en

se préparant aux crises et en mettant en place les réformes visant à réduire les coûts des

chocs sur les prix des produits de base.

Dans le contexte de la récession mondiale provoquée par la pandémie de 2020, plusieurs pays amorcent des restructurations de leurs dettes, tandis que de nombreux autres sont exposés à un risque élevé de surendettement. Il y a donc nécessité de fournir un cadre pour amorcer la restructuration de la dette des pays à faibles revenus.

Le rapport s’est penché sur les répercussions des fortes fluctuations des prix des produits de base pour les économies émergentes et en développement. Les prix des produits de base se sont effondrés avec l’arrivée de la Covid -19, avant de remonter en flèche en 2021 et d’atteindre, dans certains cas, des niveaux historiques. Pour de nombreux produits de base, les fluctuations des prix risquent de s’accentuer sous l’effet du changement climatique et de la transition énergétique.

Le rapport a examiné l’impact de la Covid -19 sur les inégalités dans le monde touchant au

développement humain, et notamment en matière de disponibilité des vaccins, de

croissance économique, d’accès à l’éducation et aux soins de santé ainsi que de pertes

d’emplois et de revenus. La pandémie de la Covid -19 a entraîné une hausse des inégalités

de revenu à l’échelle mondiale, ce qui a, en partie, renversé le déclin atteint

au cours des deux dernières décennies. Cette montée des inégalités pourrait laisser des

séquelles durables car les pertes de capital humain causées par les perturbations dans

l’éducation, peuvent se répercuter sur plusieurs générations. Les inégalités à l’intérieur des

pays restent particulièrement élevées dans les régions à économies émergentes et en

développement. Un ensemble complet de politiques est nécessaire pour un déploiement

rapide de la vaccination. Les réformes visant à améliorer la productivité, à élargir l’accès à

l’éducation, aux soins de santé, aux services numériques et à l’infrastructure, peuvent

contribuer à réduire les inégalités entre les pays.

Document de référence : ISBN (electronic) : 978-1-4648-1760-1

https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/36519/9781464817601. pdf