Lu pour vous № 1610

Lu pour vous : Rapport de la Banque Mondiale sur La performance de la logistique dans le monde

Résumé du rapport de la Banque Mondiale sur La performance de la logistique dans le monde

Résumé du rapport de la Banque Mondiale sur La performance de la logistique dans le monde

La Banque Mondiale vient de publier son sixième rapport biannuel sur la performance de la logistique de 160 pays. Publié pour la première fois en 2007, le « Logistics Performance Index (LPI) » est devenu un outil très utile pour évaluer les performances logistiques sur la base d’une enquête internationale menée auprès des transitaires et des entreprises de transport.

La lecture de ce document publié en juillet 2018 fournit des informations précieuses sur les performances logistiques dans le monde et donne, plus particulièrement, des indications pertinentes sur les efforts requis pour permettre de mieux se positionner dans les chaines de valeur mondiales

I. Principales caractéristiques du rapport sur les performances logistiques

Le rapport Connecting to Compete a pour objectif d’aider les pays à évaluer leurs avancées sur le plan de la logistique commerciale et d’introduire les politiques et prendre les mesures qui s’imposent pour améliorer leur position et ce sur la base de six critères en l’occurrence :

l’efficacité des processus de dédouanement ; la qualité des infrastructures commerciales et des transports ; la facilité de l’organisation des expéditions à des prix concurrentiels ; la qualité des services d’infrastructure ; la capacité de suivi et de traçabilité des consignations, la fréquence avec laquelle les expéditions arrivent au destinataire dans les délais.

La performance de la logistique ne se limite pas à la facilitation du commerce extérieur ou à l’élimination des barrières à la frontière mais implique une large gamme de services et de politiques incluant la protection de l’environnement dans les chaines d’approvisionnement, la résilience de la chaîne d’approvisionnement face aux perturbations ou aux catastrophes (physiques on digitales) et la compétence des ressources humaines.

Dans le rapport de 2018, les pays à revenus élevés, qui dominent traditionnellement les chaînes d’approvisionnement, sont les mieux classés. Dans le TOP 10 de ce classement, on retrouve l’Allemagne (1ère), la Suède (2e), la Belgique (3e), l’Autriche (4e), le Japon (5e), Nederland (6e), Singapour (7e), le Danemark (8e), le Royaume Uni (9e) et la Finlande (10e). Alors que la France et l’Italie, les deux principaux partenaires de la Tunisie, occupent respectivement la 16e et la 19e place.

Parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, ce sont la Chine (26e), l’Afrique du Sud (33e), la Malaisie (41e), la Turquie (47e), la Roumanie (48e) et le Mexique (51e) qui affichent les meilleurs résultats. Alors que pour les pays à revenu intermédiaire de

1 la tranche inférieure, ce sont le Vietnam (39e), l’Inde (44e) et la Cote d’Ivoire (50e) qui sont les mieux placés. En ce qui concerne les pays arabes, on retrouve parmi les 60 pays les mieux

classés les Émirats arabes unis (11e), Qatar (30e), Oman (43e), l’Arabie saoudite (55e) et Bahreïn (59e).

L’indice 2018 fait apparaître, par ailleurs, des préoccupations croissantes en ce qui concerne la fiabilité des chaînes, leur empreinte environnementale et leurs besoins en main-d’oeuvre qualifiée. Tous les pays, aussi bien développés que ceux en développement, souffrent d’une pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur de la logistique. Il n’y a pas assez de personnel d’encadrement dans les pays en développement, et pas assez d’ouvriers, notamment de chauffeurs routiers, dans les pays développés. Les opérateurs des pays riches prennent plus

de mesures que ceux des pays à faible revenu et sont plus en mesure de rechercher des

solutions logistiques alternatives avec un impact environnemental plus faible.

II. Le classement de la Tunisie selon la performance de la logistique

La Tunisie enregistre dans le rapport de 2018 un léger mieux se reflétant à travers un score passant de 2.50 en 2016 à 2.57 en 2018 et une amélioration de son classement de 5 places par rapport au rapport précédent.

Malgré l’inflexion positive de la tendance, la Tunisie continue à être largement dépassée par la plupart des pays concurrents, occupant la 105eme place contre la 41eme place en 2012.

Classement Moyenne 2012-18 2016 2018 Portugal 28 36 23

Grèce 44 47 42

Turquie 37 34 47

Egypte 60 49 67

Jordanie 76 67 84

Maroc 87 86 109

Tunisie 104 110 105

Sachant que le classement de la Tunisie s’est amélioré entre 2007 -2012 et s’est détérioré après comme le montre le tableau suivant :

Années 2007 2010 2012 2014 2016 2018 Classement 60 61 41 110 110 105

2 La Tunisie continue à être particulièrement pénalisée par ses contreperformances au niveau du dédouanement (107e place), de l’infrastructure (133e), de l’organisation des expéditions à des prix concurrentiels (115e) et de la qualité de la logistique (123e) ; ce qui requiert des

efforts particuliers au niveau de ces différentes composantes.

Classement 2018 Tunisie Maroc Portugal Turquie

Efficacité du dédouanement 107 115 35 47

Qualité de l’infrastructure commerciale 133 93 32 30

Facilité de l’organisation des expéditions 115 103 7 40

Qualité des services d’infrastructure 123 101 22 37

Capacité de suivi et de traçabilité 71 112 23 36

Respect du délai des expéditions 70 114 18 39

Classement général 105 109 23 37

III. Conclusion

Les enjeux en matière d’accélération de la croissance sur des bases viables et soutenables dictent plus que jamais la mise en place d’un environnement permettant à l’entreprise de minimiser les délais et les couts d’approvisionnement et d’écoulement de sa production et mieux tirer profit des chaines de valeur mondiales.

A cet effet, la Tunisie est appelée à accélérer les programmes engagés en matière de développement de l’infrastructure des transports et de mise en place de zones logistiques à proximité des ports et des aéroports concomitamment à la mise à niveau des différents intervenants dans la chaine logistique incluant notamment la gestion des ports et des aéroports, les sociétés de manutention et d’acconage, les aires de stockage et les procédures de dédouanement.

Un plan directeur analogue à celui engagé au niveau du climat des affaires et de la compétitivité globale gagnerait à être élaboré et mis en oeuvre dans les meilleurs délais comportant des programmes bien définis au niveau des différentes composantes de l’indice de performance logistique suivant un calendrier précis et des mécanismes de suivi pour résorber les retards accumulés et se retrouver parmi les soixante pays les mieux classés.

Forum Ibn Khaldoun le 5 janvier 2019

Rapport de la Banque Mondiale sur la logistique à télécharger

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