L’Afrique s’impose comme le marché du XXIe siècle, avec une croissance moyenne de 4 % portée par l’activité économique et non par la rente, et l’émergence d’une classe moyenne de 150 millions de personnes. Salah Hannachi examine la position de la Tunisie sur le continent, la concurrence accrue des grandes puissances et propose une stratégie articulée autour de sept leviers.
Principaux constats
- La Tunisie dispose d’un capital diplomatique africain hérité de l’après-indépendance, désormais éclipsé par l’activisme stratégique du Maroc, notamment dans le secteur bancaire.
- Les entreprises tunisiennes — STEG International, AfricInvest, Amen Bank, bureaux d’études et de conseil — sont présentes mais opèrent sans coordination, à l’initiative privée.
- La Belt and Road Initiative chinoise, soutenue par l’Asian Infrastructure Investment Bank, redéfinit la concurrence sur les infrastructures africaines, parfois accusée de « diplomatie de piège de l’endettement ».
- Les opérateurs français conservent un avantage compétitif majeur grâce à leur accès aux bases et archives de données — handicap structurel pour les bureaux tunisiens hors STEG International.
- Le Japon (TICAD), la France, le Royaume-Uni, le Canada, la Turquie, l’Inde et l’Iran ont chacun leur sommet et leur agenda africain ; la Tunisie demeure absente de ces dispositifs structurants.
Démarche
L’auteur propose un cadre d’analyse SWOT articulé sur quatre niveaux — sectoriel (santé, énergie, eau, pharmaceutique, infrastructure, agroalimentaire, tourisme), régional et pays, défis globaux (ODD 2030, COP 21, Agenda 2063 de l’Union africaine) et triangulation avec les puissances tierces. La démarche s’inscrit dans un Partenariat Public Privé Civil et postule l’identification rigoureuse des contributions mutuelles avant toute opérationnalisation.
Recommandations
Sept leviers d’action sont identifiés. Une vision stratégique partagée portée au plus haut niveau, traduite dans une analyse SWOT déclinée. Un soutien diplomatique économique, avec la création d’un secrétariat dédié et la mobilisation des chancelleries au service du secteur privé. Un soutien technique, par la mutualisation des bases de données dans les bureaux d’études tunisiens et au sein de l’UTICA, CONECT, BAD, CEA, PNUD et ONUDI. Un soutien institutionnel adossé au Conseil d’Affaires Tunisie-Afrique. Des instruments financiers nationaux et régionaux pour faciliter la participation aux appels d’offres. La triangulation systématique avec le Japon (TICAD), la Chine (FOCAC), la France, le Canada, la Turquie et l’Inde. La valorisation de la présence des étudiants africains en Tunisie et de la diaspora tunisienne en Afrique. L’auteur conclut sur un appel mobilisateur : « L’année prochaine à Johannesburg ! ».
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