La conjoncture tunisienne du troisième trimestre 2021 mêle prémices de reprise et persistance des tensions. Si les exportations manufacturières et la production d’hydrocarbures se redressent, le marché de l’emploi, l’inflation et le budget de l’État continuent de se dégrader, dans un contexte d’incertitudes politiques et de blocage des négociations avec le FMI.
Croissance et activité
- Le PIB réel progresse de 0,3 % en glissement annuel et de 0,7 % par rapport au deuxième trimestre, mais reste en deçà du niveau du premier trimestre 2020 ; la croissance annuelle est attendue autour de 2 %, le FMI tablant sur 3 %.
- Les industries chimiques (+14 %), les mines (+28,9 %) et l’extraction d’hydrocarbures (+29,9 %) tirent la reprise, tandis que l’agriculture (-2,6 %), les textiles (-2,5 %) et l’hôtellerie-restauration (-13,1 %) reculent.
- Les intentions d’investissement industriel et de services baissent de 11,8 % sur neuf mois ; les IDE reculent de 2 % à 1 383 MDT, soit 28,5 % en deçà de 2019.
Inflation et prix
- L’inflation remonte à 6,2 % en septembre 2021, contre 5,7 % en juin, sous l’effet du renchérissement des produits énergétiques et alimentaires.
- Les prix de l’alimentation augmentent de 7,2 % (volailles +24,1 %, huile d’olive +21,9 %), les matériaux de construction de 12,6 % ; les prix encadrés progressent de 6,7 %, les prix libres de 6,0 %.
- L’inflation tunisienne demeure très supérieure à celle du Maroc (1,2 % attendue en 2021) et de la zone euro (3,4 %).
Comptes extérieurs
- Les exportations progressent de 22 % sur neuf mois et les importations de 21 %, le déficit commercial atteint 11,97 milliards de dinars et le taux de couverture s’établit à 73,7 %.
- Les exportations de phosphates (+57,7 %), d’énergie (+35,6 %), des industries mécaniques et électriques (+29,4 %) et du textile (+15,2 %) animent le rebond.
- Le déficit courant se réduit à 4,2 % du PIB grâce aux revenus du travail (+2,18 milliards de dinars) ; les avoirs nets en devises reculent à 127 jours d’importation, contre 162 jours fin 2020.
Finances publiques
- Le déficit budgétaire des huit premiers mois recule de 1 885 MDT, porté par une hausse des recettes fiscales (+15,9 %) et un repli des dépenses (-2,1 %), mais un gap additionnel de 2 700 MDT (2,7 % du PIB) est attendu en raison du renchérissement énergétique.
- Les emprunts extérieurs se limitent à 4 249 MDT (32,6 % du programme), traduisant les difficultés liées au blocage des négociations avec le FMI ; le baril de Brent atteint 84,4 dollars en octobre.
Emploi et social
- Le taux de chômage s’élève à 18,4 % au troisième trimestre, contre 17,4 % fin 2020 ; il atteint 24,1 % chez les femmes et 42,8 % chez les jeunes de 15-24 ans.
- Les régions de l’Ouest et du Sud restent les plus exposées : Nord-ouest 33 %, Sud-ouest 26,3 %, Centre-ouest 23 %.
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