Reprise des extraits du flash de l’Institut National de la Statistique consacré à l’état des lieux de la protection sociale en Tunisie tel qu’il ressort du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2024). Le document offre une photographie statistique inédite de la couverture sociale et maladie depuis le précédent RGPH de 2014.
Principaux constats
- 2,43 millions d’actifs occupés, soit 66,3 % de la population active de 18 ans et plus, sont effectivement couverts par un régime contributif de sécurité sociale, en progression de 1,7 point par rapport à 2014.
- La couverture maladie atteint 82,1 % de la population : 61,4 % via la CNAM, 18,2 % via le programme Amen Social (AMG I et II), 2,5 % via les mutuelles ; 2,1 millions de personnes (17,9 %) restent totalement non couvertes.
- Les jeunes de 18 à 29 ans présentent le taux de couverture sociale le plus faible (46,7 %, dont 38,2 % seulement chez les hommes), reflet de la précarité des premiers emplois.
- Les disparités territoriales sont marquées : Ben Arous affiche 77,6 % de couverture, contre 47,7 % à Sidi Bouzid et 49,1 % à Kairouan.
- Le Transfert monétaire permanent de 260 DT mensuels touche 346 300 bénéficiaires, soit moins de 9 % des ménages tunisiens ; le district 3 (Sousse, Mahdia, Kairouan, Kasserine) concentre 29,2 % des bénéficiaires.
Approche
L’analyse croise les régimes contributifs administrés par la CNRPS, la CNSS et la CNAM avec les programmes non contributifs assistanciels, au premier rang desquels Amen Social. Elle décompose la couverture par sexe, par âge, par gouvernorat, par lieu de travail et par statut professionnel, mettant en lumière une couverture quasi universelle dans le secteur public mais résiduelle dans l’agriculture (un tiers des actifs) et chez les aides familiaux (23,5 %).
Implications
L’indicateur ODD 1.3.1 calculé sur la base du RGPH 2024 s’établit à 65,7 %, traduisant une couverture globalement élevée au regard des standards régionaux. Il révèle néanmoins des disparités persistantes de genre — les femmes salariées étant mieux couvertes que les hommes (76,0 % contre 67,7 %), à rebours du secteur agricole où seules 13,2 % des femmes sont affiliées. La protection universelle des jeunes et des travailleurs de l’économie informelle demeure le chantier prioritaire des prochaines années.
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