L’économie tunisienne reste marquée au premier trimestre 2021 par une quadruple crise sanitaire, politique, économique et sociale. La relance des exportations de biens, la stabilité des avoirs en devises et la décélération de l’inflation contrastent avec la nouvelle contraction du PIB, le repli de l’investissement et la dégradation de la notation souveraine, qui hypothèque l’accès aux marchés financiers internationaux.
Croissance et activité
- Le PIB recule à nouveau d’environ 2 % au premier trimestre, après -8,8 % en 2020 ; 85,9 % des entreprises déclarent une baisse de chiffre d’affaires en novembre 2020 et 10,4 % ont fermé définitivement.
- L’activité touristique chute d’environ 60 %, la production d’huile d’olive recule de 65 % en raison du cycle, mais la production d’hydrocarbures progresse de 29 % grâce aux gisements Nawara et Halek El Menzel.
- Les intentions d’investissement industriel et de services reculent de 22,5 % sur deux mois ; les IDE baissent de 19 %, ramenés à 364 MDT.
Inflation et prix
- Le glissement annuel des prix à la consommation s’établit à 4,8 % en mars 2021, contre 6,2 % un an plus tôt, prolongeant la tendance baissière.
- Les principales hausses concernent l’alimentation (+1,2 % sur le mois), les transports (+0,9 %) et la santé (+0,8 %), alimentées par le rebond des cours du pétrole et le repli du dinar.
- L’inflation tunisienne demeure très supérieure à celle de la zone euro (1,5 % attendue en 2021).
Comptes extérieurs
- Les exportations de biens progressent de 6,2 % et les importations de 1,5 %, ramenant le déficit commercial de 3,5 à 3,1 milliards de dinars et portant le taux de couverture à 78,4 %.
- Le déficit énergétique recule de plus de 700 MDT, ne représentant plus qu’un tiers du déficit global contre la moitié un an plus tôt ; la Chine et la Turquie concentrent les deux tiers du déficit commercial.
- Le déficit courant baisse de 21 % sur deux mois, mais les recettes touristiques chutent de 60 % à 372 MDT.
Finances publiques
- Le déficit budgétaire 2020 atteint 10,4 % du PIB et la dette publique 83,5 %, alors que la loi de finances 2021 vise un retour à 6,6 % du PIB.
- Le service de la dette publique passerait de 36,3 % des recettes propres en 2020 à 46,8 % en 2021 ; la dégradation de la note souveraine de B2 à B3 par Moody’s complique l’accès aux marchés financiers.
- La hausse du baril (60 $ contre 45 $ prévu) pourrait alourdir la facture énergétique de 1 700 MDT.
Emploi et social
- Le chômage global remonte à 17,4 % au quatrième trimestre 2020, et 24,9 % pour les femmes ; le chômage des jeunes atteint 32 %, celui des diplômés 30 %.
- Les mouvements de contestation augmentent de 48 % sur deux mois et l’émigration clandestine vers l’Italie est multipliée par huit.
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