Exposés et Débats № 0581

Gestion durable des ressources naturelles

Les ressources naturelles dont dispose la Tu isie so t li it es et so t l o jet d u e exploitation, souvent à u th e a l . Quel est l tat des lieu des essou es naturelles ? quelles sont les contraintes qui pèsent sur…

DEBAT SUR

LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

Introduit par

MOHAMED ENNABLI

Les ressources naturelles dont dispose la Tu isie so t li it es et so t l o jet d u e exploitation, souvent à u th e a l . Quel est l tat des lieu des essou es naturelles ? quelles sont les contraintes qui pèsent sur ces ressources ? uelle est l app o he requise pour en assurer la durabilité ?

Ces i te pellatio s o t fait l o jet d u d at, i t oduit et a i pa M MOHAMED ENNABLI a ie i ist e de l e vi o e e t et de l a age e t du te itoi e, o ga is le novembre 2016 par le Forum IBN KHALDOUN pour le Développement. Le présent papier en p se te l o o ie de l e pos i t odu tif ai si ue les principales conclusions et e o a datio s du d at ui s e est suivi.

I. Exposé introductif

  1. Etat des lieux

L e du d veloppe e t o o i ue as su l e ploitatio i te sive de ressources naturelles abondantes, eau, sols, semble révolue.

Les ressources en eau douce, le bien le plus précieux, sont de plus en plus rares, compte tenu du taux de 95% de leur mobilisation et les ressources souterraines sont localement surexploitées.

L i pa t du ha ge e t li ati ue se ait, dans le futur, à prendre en considération en termes de quantités (diminution esti e de l o d e de 5 pou e t en 2030) de qualité (salinisation accrue) mais aussi en termes de régime des précipitations (violence des phénomènes extrêmes). De sorte que les prochaines décennies connaitront, de plus en plus, de p o l es de a et a solue et d i o datio s dest u t i es. La gulatio plu ia uelle des appo ts s i pose a de plus e plus fo te e t da s la gestio de l eau.

. Les problèmes des terres agricoles (érosion, surpâturage, salinisation, pollution) :

Les superficies (en grande partie élargies aux dépens des écosystèmes naturels) ne devraient normalement plus s te d e sig ifi ative e t. Cette situatio va peser, de plus en plus, sur la sécurité alimentaire (le déficit structurel en céréales existe déjà) et sur la capacité d e po tatio agricole. La su ve ue d v e e ts li ati ues e t es s he esses, i o datio s affe te ait au alentours de 30 pourcent les productions céréalières, arboricoles et de viande rouge.

1 . La résilience des écosystèmes forestiers et pastoraux

L i ide e a ue des i e dies o t i ue a à l a l atio de la d g adatio des os st es, appauv issa t d auta t la iodive sit , out e le fait ue les pa s atio au et les réserves naturelles sont actuellement sous une très forte pression de la part des populations riveraines.

. La dégradation du littoral

La d g adatio du litto al est d jà p o upa te pa la p essio de l u a isatio , du d veloppe e t de l i dust ialisatio et de l a l atio de l osio ôti e. Le ha ge e t climatique entrainera, par ailleurs, une augmentation du niveau de la mer et par voie de o s ue e u e di i utio de la la geu des plages de e ti t es à plus d u t e par an.

. Le coût de dégradation des ressources naturelles

Le coût est élevé. Il est évalué à quelques 300 millions de dinars en 1999 et représente près de 1.2 pourcent du PIB compte non tenu de la surexploitation des nappes, et du rejet des déchets dangereux non traité. Sa répartition se présente comme suit :

Perte En MDT

Erosion et désertification 53

Salinisation 75

Pollutio de l eau 153

Pollution zones littorales 19

Total 300

  1. Appréciation de la politique suivie en faveur des ressources naturelles

Faute d a gu e tai es o o i ues pe ti e ts i pa t-coûts, coûts/bénéfice et analyses des services écosystémiques) les décideurs considèrent encore que la protection des ressources naturelles et leur conservation ne sont pas des priorités nationales à court terme. Les écosystèmes sont surtout considérés comme fournisseurs de ressources à gérer de façon économique en termes de compétitivité. Cela trahit une intégration insuffisante du concept de durabilité au niveau des politiques nationales.

Certes, la politique agricole dans les domaines de la conservation des eaux et des sols (CES), de l o o ie d eau d i igatio , de l utilisatio des eau us es t ait es, de la gestio pa ti ipative lo ale de l eau ag i ole va da s la o e direction. Elle devrait cependant, e fo e , de faço o sid a le, so a tio de lutte o t e l osio h d i ue, pa les te h i ues ag o o i ues de p ote tio des sols, valo ise dava tage l eau de pluie pa l ag i ultu e pluviale, a o de plus d i po ta e à la p ve tio de la pollutio

2 agricole provoquée par différents intrants chimiques, tenir davantage compte de la gravité et de la rapidité du changement climatique, maitriser la surexploitation des nappes souterraines, utiliser au mieux les crues exceptionnelles pour recharger les nappes, diminuer les pe tes d eau au iveau du t a spo t et so gaspillage au niveau de ses différentes utilisatio s, d veloppe l utilisatio des atios oût/ava tages des a tio s à e e .

De même, l a tio de l Etat da s le se teu fo estie a toujou s e ist e te es de plantations forestières et pastorales, de protection de la iodive sit , d entretien des infrastructures. Cepe da t, da s u sou i de p ote tio plus effi a e, l a age e t te h i ue de la fo t pa l Etat gag e ait à p e d e dava tage e o sid atio les i t êts des populations riveraines, dans le cadre d u e politi ue d att uatio de la pauv et des populations rurales qui surexploitent les ressources forestières.

Par ailleurs, l effo t de l Etat da s l a age e t des zo es i dust ielles et la d pollutio des rejets liquides des entreprises publiques reste insuffisant : charges polluantes sup ieu es au o es. Cela se t aduit pa de o eu hot-spots at ialisa t de véritables crimes environnementaux. La répression des abus par le contrôle et les sanctions financières doit aller de pair avec les études d i pa ts i pos es pa la loi et ave la p o otio d u e politi ue o vai a te de production propre.

Co e a t, le o ept d o o ie ve te, l a e t is depuis peu sur la participation du public et sur la bonne gouve a e o e l e t l de l action en faveur de la gestion rationnelle des ressources naturelles doit s appu e su l utilisatio d i di ateu s pe ti e ts do a t l i age elle du iveau d puise e t des essou es atu elles.

  1. Les priorités pour améliorer la gestion des ressources naturelles

Il est urgent, en premier lieu, de répondre efficacement aux pressions socio-économiques e e es su les essou es atu elles e edou la t d effo ts au iveau de l appli atio de la législation et en entamant un débat national sur la question de l e ploitatio du a le des essou es et su l o o ie ve te ave o e o je tifs, la atio d e plois et la réduction des disparités régionales et sociales.

Il est essai e, e se o d lieu, de s e gage plus solu e t da s la valo isatio du a le des essou es atu elles et de l o o ie ve te, e ui i pli ue le e fo e e t des effo ts d plo s e ati e d a age e t des assi s ve sa ts, de dépollution des sites critiques, da s le se teu des i es et elui des i dust ies, de atio d ai es p ot g es, de mise en valeur des ressources forestières, de multiplication des aires protégées, de p o otio l otou is e et de o iliatio e t e l i p atif de protection de la forêt et l e ige e de p e d e e o pte l i t t des habitants de la forêt.

II. P ésentation du débat ui a suivi l’exposé

Le débat a fait ressortir les commentaires et les recommandations récapitulés comme suit :

3 (1). Le modèle de développement suivi en Tunisie réserve une place importante à des activités fortement consommatrices de ressources naturelles da s l ag i ultu e, le tou is e et l i dust ie. Il e sulte de fo tes p essio s su l uili e ologi ue. Des tudes doive t t e engagées pour corriger les tendances et identifier les voies et les moyens susceptibles de préserver les ressources naturelles ;

(2). Le coût de dégradation évalué par la Banque Mondiale à 2.1 pourcent du PIB e o te à l a e 999. Ce tau pa ait t e totalement dépassé compte te u du elâ he e t de l a tio de o t ôle au ou s des de i es a es. Cela a eu comme conséquence de fortes dégradations de la forêt et du littoral, d i po ta ts a us au iveau de l e ploitatio de la appe ph ati ue et l aug entation de la pollution. Il faut, absolument, stopper la dégradation de l e vi o e e t pa l appli atio st i te des lois et des gle e ts ui s rapportent ;

(3). Le tau d e ploitatio des essou es atu elles est lev . Les appes so t surexploitées ; les eaux de surface sont mobilisées à hauteur de 95 pourcent ; la fertilité des périmètres irrigués est en baisse du fait des cultures intensives et de la baisse des résidus organiques ; le potentiel en énergie conventionnelle est entamé. IL est nécessai e d i ve to ie les essou es atu elles dispo i les et d ide tifie u p og a e d a tio s oh e t pou e assu e la p ote tio et l e ploitatio su des ases du a les ;

(4). Le problème des ressources naturelles est très complexe. Il a une dimension supranationale et requiert une coopération internationale active pour en assurer la maitrise. De nombreuses études sont élaborées pour la Tunisie et la région méditerranéenne. Il est important de les actualiser, de les o pl te et d e assu e la oh e e e vue d la o e u pla di e teu pour le développement durable des différentes ressources naturelles. Une partie de ce plan concerne la Tunisie. Une stratégie doit pouvoir être élaborée pour évaluer les investissements requis pour réparer les dégradations faites à l uili e ologi ue, assu e le d veloppe e t des essou es e ouvela les et o ilise les essou es de fi a e e t ui s i pose t, ota e t da s le cadre de la coopération internationale. Une autre partie du plan a une dimension r gio ale. Il o e e, ota e t, l e ploitatio de la appe du continental intercalaire, la dépollution de la méditerranée et la protection de la fo t des is ues d i e die. Elle doit pouvoir faire l o jet de stratégies appropriées avec les pays concernées ;

4 (5). Le d veloppe e t du a le est, d so ais, u e essit à l effet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins. Les paramètres de développement ne doivent plus se limiter à des aspects quantitatifs ayant trait à la oissa e du PIB, l aug e tatio de la o so atio , la ait ise de l e dette e t. Ils doive t i lu e, essai e e t, d aut es pa a t es, prenant en considération les aspects environnementaux et sociaux. C est la tendance actuelle dans de o eu pa s. La Tu isie s est e gag e ais e o e ti ide e t et de faço pa tielle. Il faut u elle le fasse da s le p o he avenir de façon plus résolue, plus cohérente. (6). L o o ie ve te off e à la Tunisie de formidables opportunités pour passer à un palier de développement supérieur, axé davantage sur des activités à forte valeur ajoutée et sous-tendant de moindres pressions sur les ressources

atu elles. U e telle optio est pas, epe da t, facile à mettre en oeuv e dans la mesure où elle essite d i po ta ts i vestisse e ts et implique des sacrifices à assumer, du moins à court terme. Cette option mérite d t e app ofo die pou e value sa faisa ilit o pte te u des e p ie es dans le monde.

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