L’adaptation de l’agriculture face aux conséquences du dérèglement climatique
Cette question a fait l’objet d’un avis du Conseil Scientifique de « l’Observatoire Français de la Biodiversité », en septembre 2021. Le sujet est, à la fois, pertinent et important car le dérèglement accroit la tension sur la ressource en eau. C’est elle, en effet, qui sécurise la production agricole. Mais sa disponibilité dépend d’un cycle marqué par de multiples interactions et n’est pas caractérisée par une quantité stable et délimitée. Or l’eau est, avant tout, un bien commun. Et, de ce fait, il est indispensable de rechercher, d’abord, une adaptation de l’agriculture aux conditions pédoclimatiques et non l’inverse. Même si cela n’est pas simple, puisque le climat évolue, cela implique que des cultures, déjà mal adaptées à des conditions pédoclimatiques locales actuelles qui vont se dégrader, doivent, sans doute, être abandonnées localement. Le changement des systèmes agricoles ne peut, cependant, se réduire à la seule adaptation au dérèglement climatique. Au-delà des mesures d’atténuation et d’adaptation nécessaires, l’agriculture doit, elle-même, réduire ses impacts sur l’eau. Cela passe par une transformation des filières en faveur des nouveaux besoins de la société en productions sans intrants chimiques, moins consommatrices de ressources, tout en assurant des revenus décents aux agriculteurs. Les auteurs mettent en garde contre les risques, liés à une amélioration de l’accès à l’eau pour l’agriculture, qui auraient pour effet de retarder les changements des systèmes agricoles, d’amplifier la consommation d’eau et de créer, au final, une nouvelle dépendance à l’eau ainsi qu’une augmentation de la mobilisation, laquelle entrainera de nouveaux impacts sur la qualité des écosystèmes. Des solutions, fondées sur la nature, permettaient d’obtenir une meilleure résilience face aux différents aléas hydro-climatiques. Elles consistent à favoriser, au sein des exploitations, la diversité biologique inter et intra-spécifiques, les associations de cultures et à faire appel à toutes les ressources génétiques existantes naturellement en s’assurant qu’elles soient compatibles avec les conditions pédo-hydro-climatiques locales. Cela nécessite également l’amélioration de la qualité (physique, chimique et biologique) des sols qui est un levier puissant de la bonne gestion des flux d’eau pour l’agriculture, tant lors des sècheresses que des épisodes de précipitations intenses. La transformation des systèmes agricoles doit également viser l’augmentation de leur capacité d’adaptation afin de gagner en agilité face aux évolutions que va connaitre le climat. Cela passe par la diversification des systèmes, mais aussi par la baisse au recours à des investissements à durée d’amortissement trop élevée afin d’éviter les risques de verrouillage sociotechnique. La transformation de l’agriculture nécessitera aussi de développer la connaissance autour des trois enjeux que sont :
- La connaissance, souvent lacunaire, de la situation actuelle.
- Le développement des outils d’aide à la décision basés sur la modélisation pour orienter
l’action
- La diffusion des expérimentations dans les territoires et les exploitations agricoles afin
d’accélérer l’innovation.
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