Exposés et Débats № 1151

DEBAT SUR LES ENJEUX MAGHREB-EUROPE

DEBAT SUR LES RELATIONS EURO-MAGHREBINE, EURO-MEDITERRANEENNE ET EURAFRICAINE

DEBAT SUR LES RELATIONS EURO-MAGHREBINE, EURO-MEDITERRANEENNE ET EURAFRICAINE

Le monde vit de profonds bouleversements avec, notamment, la montée en puissance de la

Chi e et de l’I de, le etou des te tatio s isolatio istes des Etats Unis, l’ e ge e hésitante de l’U io Eu op e e da s so ou eau statut d’a teu ajeu su le pla international et l’i t t oissa t sus it pa l’Af i ue su -saharienne en tant que continent d’a e i .

Ces bouleversements entrainent de nouveaux équilibres mondiaux et suscitent

d’i po ta ts e jeu , o seule e t pou les g a des puissa es ais aussi pou les pa s ele a t de leu s zo es d’i flue e, e da t essai es de profondes révisions des stratégies et des politiques suivis dans les différents espaces économiques.

Qu’e est-il du Maghreb avec sa triple dimension méditerranéenne, arabo musulmane et africaine ? Comment pourra-t-il retrouver un nouvel élan lui permettant de tirer pleinement

profit de sa triple appartenance dans le cadre de ce nouvel ordre mondial ? Comment a e e l’U io Eu op e e à opte pou u e politi ue plus olo ta iste pou fai e de l’espa e dite a e et af i ai u e ai e de prospérité et de stabilité ?

Ces questions ont fait l’o jet d’u la ge d at pa le Fo u IBN KHALDOUN au ou s de sa

réunion mensuelle du septe e su la ase d’u e pos i t odu tif p se t pa

Salah HANNACHI a ie se tai e d’Etat et d’i te e tio s o pl e tai es effe tu es par

Abdeslam HATIRA ancien ambassadeur et Ahmed Ben HAMMOUDA professeur à

l’u iversité tunisienne.

I. LES GRANDES LIGNES DE L’EXPOSE INTODUCTIF DE SALAH HANNACHI

Les voisinages multiples du Maghreb et de l’Europe Aujou d’hui e et âge de de l’h pe o u i atio , du transport global et multimodal, de la convergence des modèles économiques, politiques, sociaux et culturels, en cet âge du illage glo al, le o ept de oisi age ‘est pas u o ept g og aphi ue u i ue e t. Il a u e ultipli it de oisi ages te ito iau , ultu els, els et i tuels ui pose t l’i p atif de leur harmonisation et de leur mise en cohérence.

Pour la Tunisie et le Maghreb, cette multiplicité de voisinages souligne l’importance de différencier le leur ainsi que leu s elatio s a e l’UE. Elle soulig e aussi l’i po ta e d’ uili e les elatio s Maghreb-Eu ope, et d’app ofo di la di e sio st at gi ue de es elatio s. E effet alg la p o i it et l’histo i ue ill ai e de o ta t et d’ ha ge, le Maghreb continue à occuper une position secondaire et déséquilibrée dans ses relations a e l’Eu ope.

1 De son côté, l’Eu ope s’e fe e da s u espa e o t ai t et t i u ui e tie t pas o pte du voisinage durable sud- dite a e et af i ai , o e si l’Af i ue et ses p o l es sont conjoncturels et sont appelés à disparaître un jour de ce voisinage. De même, la

o eptio spatiale de l’Eu ope de so oisi age agh i ‘est pas oh ente avec les défis, les ou elles espo sa ilit s et le ôle de leade ship i te atio al u’elle est appel e à assumer après son émancipation relative de l’Atla tis e américain.

Pour une nouvelle vision des relations entre le

Maghreb et de l’U io Européenne

Le Magh e et l’Eu ope doi e t trouver le moyen de relaxer les contraintes financières,

o o i ues et te h i ues ui li ite t ou ale tisse t l’ olutio de leu s relations. Ils

doivent reconnaître l’apport spécifique que ce voisinage assure à chacune des deux parties

et de traduire cette spécificité dans leurs relations pour que ces dernières soient au service

des intérêts et des défis stratégiques des deux parties.

L’o je tif de diff e iation et de spécificité du voisinage sous-tend plus précisément

l’i p atif d’u e fle io su la isio ad e pou u e elatio st at gi ue, uili e, et

utuelle e t fi ue e t e le Magh e et l’Eu ope qui donnera un caractère plus sain et

plus durable à ces elatio s. Elle pe ett a au deu pa ties d’opti ise le oisi age et d’e

tirer le maximum de dividendes géoéconomiques, géopolitiques et géoculturels. Elle

améliorera la capacité de négociation du Maghreb avec l’UE, surtout au vu des centaines

d’accords que l’UE a réalisé ou est en train de réaliser à travers le Monde avec ses voisinages

multiples réels et virtuels.

La vision cadre doit être une vision territoriale, stratégique et à long terme du voisinage

entre l’Eu ope et le Magh e , la M dite a e et l’Af i ue. Elle doit servir un objectif majeur

durable du voisinage, comme la compétitivité sur les marchés tiers et/ou la contribution

conjointe à la résolution de défis régionaux ou globaux et non seulement la résolutio d’u

défi interne au voisinage euromaghrébin ou eurafricain. Elle permettra, en outre, une mise à

contribution ou une mise en levier des g a des a oeu es g ost at gi ues politi ues ou

i dust ielles i te atio ales telles ue l’Age da des Natio s U ies, l’Age da de

l’U io Af i ai e, l’i itiati e TICAD du Japo , l’i itiati e hinoise « One Belt, One Road »,

l’A o d de Pa is de la COP 21.

Pour une nouvelle approche globale impliquant davantage l’i vestisse e t privé Une approche mixte - entre les mécanismes institutionnels de gouvernement à gouvernement, comme les traités, et les mécanismes privés et civils - comme les paradigmes industriels stratégiques et investissements directs privés par les multinationales européennes et les partenariats civils entre les acteurs de la société civile - introduirait une telle flexibilité. De plus, une telle approche augmenterait les ressources et les moyens

2 essai es à la ise e oeu e de l’i t g atio . Elle a lio e aussi l’adh sio et le soutie public à ces relations.

En effet, au o e t où les o e s fi a ie s pu li s de l’Eu ope so t su solli it s, l’i estisse e t p i pa les ulti atio ales peut t e d’u g a d appo t. Il peut se fai e dans le cadre du paradigme industriel stratégique du « Vol d’Oies Sau ages1 » ou dans le ad e d’u e t ia gulatio a e le Magh e pou le a h eu op e ou le a h af i ai pa les ulti atio ales de l’Asie de l’Est et du Sud, ou de l’H isph e O ide tal. U e telle triangulation pourrait constituer un schéma « Win-Win-Win », à l’e e ple de la triangulation Japon-Mexique-USA pour les Etats Unis. Cette triangulation par les investissements directs japonais au Mexique a donné la compétitivité pour le Japon sur les marchés nord-américains, la oissa e et l’emploi pour le Mexique et un voisin stable et p osp e à haut pou oi d’i po tatio pour les Etats Unis. Elle a contribué à permettre au Mexique de passer du statut de voisin problématique avec les Etats Unis au statut du troisième partenaire commercial et industriel des Etats Unis.

L’i pératif de la di e sio ulturelle da s les relatio s e tre le Maghre et l’UE Une vision cadre intégrant la dimension culturelle tiendra compte de la relativisation de la notion de puissance physique dure, militaire ou économique, et du retour en force du culturel et de la puissance soft. De plus, une plateforme culturelle régionale, désormais esse tielle à l’i te p tatio et à la gestio des e e ts et des affai es su la s e régionale et internationale, amélio e ait l’a epta ilit des i st u e ts des elatio s du voisinage Maghreb-Eu ope tels ue l’ALECA. Il faut sig ale ue la ti e e is-à-vis les elatio s a e l’UE et e pa ti ulie is-à- is l’ALECA, su tout da s l’opi io pu li ue des deux bords de la M dite a e, ‘est pas u i ue e t le sultat atio el d’u al ul o o i ue ou d’u e a al se coût-avantage économique ou stratégique. Elle est aussi ultu elle. Il a do u i p atif d’u e st at gie de a keti g et d’a eptatio des relations Maghreb-Eu ope, et e pa ti ulie de l’ALECA, ui peut s’appu e su u patrimoine culturel et historique partagé important.

Les opportunités de l’environnement international De o euses oppo tu it s d’i estisse e t gag e aie t à t e e plo es et e ploit es pour faire du Maghreb et de la méditerranée une aire de prospérité tout en ayant des pe ussio s positi es su l’ o o ie eu op e e. Elles o e e t notamment :

1 L’app o he du « Vol d’Oies Sau ages » en Asie consiste que dans un premier temps le pays engage un processus d’i dust ialisatio su u p oduit à fai le te h icité, une fois la production maitrisée, il en devient un exportateur puis a a do e le p oduit à u aut e pa s oi s a a et s’e gage à p odui e u p oduit à plus fo te aleu ajout e. Le pa s qui reprend le même type de production suit la même démarche et entame le e p op e p o essus d’i dust ialisatio .

3 1. La santé, dans la mesure où le partenariat Europe-Maghreb offre de grandes opportunités aussi bien que dans la formation, la recherche, que dans les prestations de soins compte te u des esoi s oissa ts de l’Eu ope da s es do ai es. 2. La recherche scientifique compte tenu du potentiel réel de recherche fondamentale, de recherche développement et d’i ovation dans les pays du Maghreb, dépassant souvent la apa it d’a so ptio et de prise en charge par le tissu industriel et économique dans les pays de la rive sud de la méditerranée 3. L’e viro e e t étant donné les nombreuses opportunités générées par les résolutions du sommet de Paris sur la lutte contre le réchauffement de la planète en matière d’i estissement dans l’ e gie renouvelable, de recyclage des déchets et de reforestation. 4. L’é ergie do t l’i f ast u tu e, o çue à l’o igine comme une infrastru tu e d’e po tatio du Magh e e s l’Eu ope, doit t e complétée par des interconnexions pour soutenir le nouveau paradigme énergétique euromaghrébin où l’ ha ge serait à double sens. 5. Le culturel qui revient en force dans les relations internationales, comme un important corollaire des échanges humains.

II. Eclairages complémentaires :

  1. Principales idées développées par Abdeslam HATIRA La oopératio ave l’U io Europée e est globale

Le processus de Barcelone, lancé en novembre 1995, a donné naissance à une coopération et un partenariat à triple dimension :

Un Partenariat Politique et de Sécurité pour définir un espace commun de Paix et de Stabilité. U Pa te a iat E o o i ue et Fi a ie à l’effet de o st ui e u e Zo e de Prospérité Partagée. Un Partenariat dans les Domaines Social, Culturel et Humain dans le but de développer, de façon harmonieuse, les ressources humaines.

Les i st u e ts d’appui à la ise e oeu e effe ti e de e p o essus so t donc variés, dans le cadre, d’a o d, de l’Eu o Med, ensuite, de la politique européenne de voisinage. Ils vont du dialogue politique et de l’assista e te h i ue pou fa o ise ota e t l’att a tio des IDE et la p o otio des e po tatio s, à l’aide fi a i e o e ou sa le pou soutenir les reformes et aux prêts de la BEI pou d eloppe l’i f ast u tu e des pays. La composante li e ha ge est i po ta te ais elle est loi d’ t e e lusi e. Il est important de souligner, à ce niveau, que : — Les accords conclus et les progra es o e us a e l’U io Eu op e e so t loi d’ t e imposés unilatéralement. Ils sont le résultat de négociations, souvent longues, pour adapter les périodes, les objectifs et les moyens au o t ai tes et au apa it s d’e utio des

4 parties concernées, dans le cadre du souci de la co-appropriation des accords et des programmes et de la recherche de larges consensus — Le od le d’i estisse e t e Asie, suivant le paradigme du « vol des oies sauvages » ou de la triangulation, ‘est pas i o pati le a e la d a he d’i t g atio à l’espa e européen. Ils en sont complémentaires. En effet, La mise en oeu e, da s le ad e des a o ds e ou s ou e gestatio a e l’U io Eu op e e, des programmes de libéralisation et de mise en conformité des économies suivant les standards de production et d’ ha ges européens et internationaux, a lio e ait d’auta t la apa it des pa s du Maghreb à attirer les investissements directs étrangers en provenance non seulement de l’espa e eu op e mais aussi de des autres espaces en Amérique et en Asie.

Appui significatif de l’U io Europée e à la construction maghrébine

L’U io Eu op e e a o sta e t he h à ela e l’i t g atio agh i e. Le p o essus Eu o Med la e 99 , ui fo e la ase de l’i t g atio égionale, fait de l’i t g atio sous-régionale ou horizontale une composante essentielle de ce processus. L’i st u e t fi a ie lui o sa e pou e t des fo ds. L’U io Eu op e e a également fortement soutenu la conclusion de l’a o d d’Agadi regroupa t l’Eg pte, la Jo da ie, le Ma o et la Tunisie et a mis en place, par ailleurs, de multiples instruments de coopération commerciale, sectorielle et des facilités financières dans le but de de favoriser le commerce sous- gio al et l’i estisse e t da s les pays du sud de la méditerranée ; le dernier en date étant « Euro Med Trade Helpdesk » mis en place il y a quelques jours. Par ailleurs, la commission Européenne avait adressé en date du 17 décembre 2012 « une communication conjointe au Parlement européen, au conseil, au Conseil Economique et social et au Comité des régions » leu de a da t d’e gage u e fle io pou soute i « le e fo e e t de la oop atio et l’i t g atio gio ale du Magh e » Ces effo ts ‘o t pas eu, epe da t, jus u’i i, les résultats escomptés du fait des problèmes,

ota e t politi ues ui o ti ue t à e t a e la ise e oeu e effe ti e des diff e ts accords conclus entre les pays maghrébins. De la sorte, l’i pa t des structures maghrébines sur le processus de développeme t et d’i t g atio continue à être très limité.

  1. Principales idées développées par Ahmed BEN HAMMOUDA

Le Maghreb une entité non opérationnelle Le Maghreb, malgré des structures et des institutions de longue date mises en place est loin d’ t e u e e tité homogène et semblable. Les choix politiques de développement, les

gi es is e pla e et les odes de gou e a e des essou es o aisse t d’ailleu s plus de différences que de ressemblances.

5 Ses i t ts o o i ues, s’ils se o fo de t e de o breux points sont loin de se compléter. Culturellement, malgré une similitude de façade, des effets sociétaux divergents clivent les mentalités, marquent les attitudes et influencent les comportements. En plus, les questions bilatérales qui ont jusque-là prévalu dans les rapports engagés entre les pays ont marqué les pratiques é o o i ues et d’affai es et des i hes d’a tio et des a a tages jalousement préservés. De même, les susceptibilités nationales et la similitude de conditions

’ pe ette t pas à un pays précis de jouer, à l’i sta du Japo , un rôle de leader locomotive.

De même, la mémoire des peuples y est vive avec un mental collectif qui baigne dans le sou e i d’u pass spolié par un occident à référent judéo chrétien. L’id ologie a a o- isla i ue ali e te de faço a ua te les g es d’u e pe so alit de ase p op e à chaque pays, même si historiquement chacun compte diverses influences et a été capable d’affi he , parfois sur des siècles, des traits distinctifs de souplesse et d’adaptation. Cette réalité ne signifie pas que le Maghreb est condamné à vivre de façon enclavée et étroite la problématique du développement, ais u’il a un travail culturel de fond à engager dans chaque pays pour y créer une vision commune et faire fédérer les o po te e ts autou d’a tio s s e gi ues à eto es utuelle e t fi ues.

L’i pératif d’a élératio du pro essus de développement des pays du Maghreb A une époque où une mutualisation des forces optimiserait les efforts isolés pour négocier, échanger et coopérer, les pays du Maghreb devaient prendre exemple des stratégies ici et là adopt es et s’en inspirer. L’i t g atio eu op e e ta t t s a a e, il faud ait ue de e ôt sud o s’ou e su e u’il a de ieu et su e ui a fait ses preuves pour vaincre les vicissitudes de la géographie et les clivages culturels.

Par ailleurs, le modèle de gouvernance des ressources, initié de longue date par le Japon dans la région asiatique ainsi que les actions ponctuelles réussies de mutualisation des efforts à base de triangulation, mérite d’ t e p is e o sid atio étant donné les résultats i p essio a ts u’il a ait pe is e p opulsa t, ota e t, la Co e du Sud, Tai a , Singapour et Hong Kong comme des puissances économiques occupant une place cardinale dans les échanges mondiaux.

La ise e oeu e des od les de d eloppe e t sui is aussi ie en Europe u’e Asie par les pays du Magh e ‘est pas epe da t u e tâ he ais e. Elle ‘est pas seule e t fo tio de l’i po ta e du apital humain et financier disponible. Elle est aussi et dans une large proportion fonction de nombreux prérequis d’o d e ultu el et i ilisatio el. Elle e uie t, notamment, l’a uisitio de la culture d’u ge e, de la ultu e de su ie ui o at l’ap a ie

6 et les fo es d’i e tie et de g essio . Elle requiert le développement de l’esp it d’ uipe et de la ultu e d’opti isatio des compétences à l’ ole et da s les lieu de t a ail ainsi que des changements importants des mentalités qui redonnent du sens au vivre ensemble et qui favorisent notre socialité.

III. Principales conclusions et recommandations du débat

Le d at, ui a sui i l’e pos i t odu tif et les lai ages o pl e tai es, a po t su les différents défis et opportunités qui se posent à la Tunisie, au Maghreb, à la Méditerranée et à l’Eu ope, à la lu i e des i po ta tes utatio s i te atio ales. Les p i ipales o lusio s et e o a datio s ui s’e d gage t se apitule t o e suit :

1—La Tunisie est e esure de ieux exploiter l’e vironnement international et tirer davantage profit de la o dialisatio à o ditio u’elle puisse rétablir sa compétitivité globale2 et de ett e l’a e t su les se teu s et les a ti it s pou les uels elle dispose d’a a tages o pa atifs sig ifi atifs du fait des caractéristiques de son capital humain et de sa position géographique. Pour y parvenir, elle doit, en premier lieu, mener à terme les différentes réformes a o es à l’effet de (i) e fo e l’effi a it du s st e d’ du atio et de fo atio et du système bancaire et financier, (ii) rétablir les équilibres des finances publiques et des organismes de sécurité sociale et (iii) améliorer la qualité des prestations publiques. Elle doit, gale e t, a l e la alisatio des g a ds p ojets d’i frastructure et d’ uipe e ts olle tifs i s its da s le ou eau pla de d eloppe e t. Elle doit, aussi et su tout, fai e et ou e à l’ o o ie tu isie e u ou eau souffle à travers :

Le renforcement du cadre institutionnel liant la Tunisie à l’Union Européenne, à l’espa e af i ai et également à l’espa e asiatique (dans le cadre notamment de l’i itiati e hi oise de la Nou elle Route de la soie). L’adoptio de stratégies sectorielles qui prennent mieux en considération les a a tages o pa atifs de l’ conomie tunisienne et les caractéristiques de son capital humain. Les se teu s de la sa t , de la ultu e, de l’ le t o i ue, de l’ o o ie

u i ue, de l’e i o e e t pa aisse t les ieu pla s pou fai e l’o jet d’ la o atio de st at gies sp ifi ues prioritaires. La mise en place de stratégies régionales pour exploiter dans le cadre de politiques de proximité les potentialités régionales et les spécificités locales.

2 Selon le rapport mondial sur la compétitivité le classement de la Tunisie est passé de la 32eme place en 2009- 2010 à la 95eme place dans le rapport de 2016- 2017

7 2—La construction maghrébine, da s le se s de la ise e pla e d’un espace économique consacrant la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, demeure une nécessité impérieuse. Elle e t ai e ait, du fait de l’a oisse e t des ha ges commerciaux qui en résulterait, une augmentation significative des entrées des investissements directs étrangers, une croissance supplémentaire de 1.5 à 2 pourcent du PIB pour les différents pays de la région. Elle se traduirait, de plus, par une amélioration sig ifi ati e de la apa it de go iatio a e l’U io Eu op e e et les aut es espaces et l’ ta lisse e t de elatio s plus uili es a e eu . Pou d passe les o sta les e t a a t l’i t g atio i t a gio ale, l’app o he glo ale de Gouvernement à Gouvernement gagnerait à être appuyée et relayée par :

Un oise e t d’i t t et un partenariat plus poussés entre les entreprises des différents pays maghrébins Une approche se to ielle s’i spi a t de la d a he sui ie pa la o u aut eu op e e du ha o et de l’a ie . Pou uoi pas u espa e agh i et des institutions de régulation commune à court terme du tourisme, du transport aérien et des télécommunications ?

3—La méditerranée est la « Mare Nostra », le berceau de la civilisation humaine. Les différentes i itiati es des de i es a es, ue e soit da s le ad e de l’Eu o Med, du dialogue + , ou de l’U io pou la M dite a e tentent à recentrer la Méditerranée comme u espa e p i il gi de oop atio o o i ue et d’ ha ges ultu els, un espace de p osp it et de sta ilit à e d’e t etenir des relations équilibrées avec les autres espa es o o i ues, e A i ue et e Asie et de ett e fi au t ag dies de l’ ig atio clandestine du sud vers le nord. Cela ‘est pas, cependant, suffisant. La réémergence de la Méditerranée pour en être une aire de prospérité, de stabilité et de créativité requiert une forte volonté politique des deux côtés, des stratégies et des politiques, notamment sur les plans économiques et culturels, pou att ape l’ a t o o i ue ui s pa e les deu i es et efo ge l’ide tit méditerranéenne. La tâche pour y parvenir, quoique ardue, parait absolument nécessaire, étant donné l’a pleu des d fis au uels se t ou e t o f o t s les diff e ts pa s de la gio et l’i po ta e des o pl e ta it s ui e iste t e t e la rive nord et la rive sud de la M dite a e, u’elles soie t d’ordre démographique, énergétique ou scientifique. Une démarche pragmatique, dans le cadre notamment de l’UPM, gag e ait à et égard à t e apide e t e gag e. Out e l’app ofo disse e t et l’ la gisse e t des a o ds de libre échange et de partenariat, la réalisation effective au cours des prochaines années des six g a ds ha tie s ide tifi s pa l’UPM do e ait u i po ta t la à la at ialisatio de et espace. Ces chantiers concernent (1) la dépollution de la Méditerranée, (2) le développement des autoroutes de la mer, (3) la prévention des désastres, tremblements de terre, sécheresses, inondations, pollutions maritimes et industrielles, (4) le développement

8 de l’ e gie solai e da s le pou tou dite a e , (5) la atio d’u e u i e sit eu o- méditerranéenne, (6) le renforcement des aides destinées aux PME.

4—L’U io Européenne, du fait de so poids o o i ue et du statut politi ue, u’elle est appelée à acquérir, doit assumer un rôle majeur dans la construction des espaces économiques : Euromaghrébin, Euro-méditerranéen, Eurafrique. L’histoi e et la géog aphie di te t l’ difi atio de es espa es, rendue incontournable pour

ait ise les ou e e ts ig atoi es et fa ilite la ise e oeu e effe ti e des st atégies et des politiques de lutte contre le réchauffement de la planète. La mondialisation et la o p titio ui e sulte t e t e les diff e ts espa es o o i ues i pose t à l’Eu ope l’ la gisse e t de so espa e e di e tio du Magh e , de la i e sud de la méditerranée et de l’Af i ue. La o st u tio agh i e ‘est ulle e t e o t adi tio a e la o st u tio d’u espace méditerranéen ou euro-méditerranéen. Elle peut en être un important facteur facilitateur et même un élément catalyseur comme ‘est le as du BENELUX pou l’U io Européenne. Il en est même de l’Af i ue su -saha ie e, appel e à fai e pa tie d’u espa e plus la ge, l’espa e Eu af i ue e ta t ue pe da t de l’Eu asie Les o pl e ta it s e t e l’Eu ope et les autres espaces sont multiples. Elles ne sont pas seulement démographiques, elles sont aussi sociales, économiques, énergétiques et scientifiques. Elles de aie t se t adui e pa u e a lio atio de la o p titi it de l’Eu ope, u e aug e tatio du pou oi d’a hat des af i ai s et un nouvel élan à l’économie euro-

dite a e e da s le ad e d’une démarche win-win, susceptible de se transformer en win-win-win, compte tenu de l’i t t oissa t manifesté au cours des dernières années des puissances asiatiques en faveur de l’Afrique

Pour conclure l’Eu ope a tout i t t à favoriser le processus d’i t g atio gio al non seulement pour des considérations sécuritaires mais aussi et surtout pour des raisons économiques et environnementales. Les oisi s de l’Eu ope, e tête desquels la Tunisie, ont tout à gag e à s’e gage da s u tel p o essus, car il leur off i ait l’opportunité de réduire, de faço sig ifi ati e, l’ a t ui les sépare des pays développés tout en préservant leurs spécificités culturelles.

Forum IBN KHADOUN le 25/ 09/ 2017

Mots clés : Enjeux Maghreb-Europe ; Maghreb ; Méditerranée ; Union européenne ; Afrique

Document de base à consulter : « Réflexions sur les relations euro-maghrébine, euro-

méditerranéenne et eurafricaine par Salah HANNACHI»

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